L’Aranui le cargo mixte qui dessert les îles Marquises mérite d’être présenté.
Contrairement à un doute émis voilà quelques jours ici même, non il n’est pas trop rouillé. Figurez-vous qu’il a été construit en 2002 dans un chantier naval roumain (au bord du Danube exactement), et il est en service depuis mars 2003. Je n’y connais pas grand chose, mais je n’ai pas l’impression que ce soit un grand âge… L’Aranui 5 est en construction.
8 cargos de ce type sont en circulation dans le monde, dont un sur la liaison Russie-Japon, un autre dans le sud du Chili, un autre du côté de l’Islande.
Un beau cargo mixte, pour visiter les Marquises et transporter du fret.
Pour le nombre de cabines, de suites, etc, tout est là, sur le site de l’Aranui. On trouve quelques suites, des cabines avec balcon, des cabines simples et des dortoirs. J’ai voyagé et dormi en dortoir (8 personnes dans une grande pièce) : c’est sans souci, bien équipé. Je souligne que le prix d’un lit en dortoir coûte 2 fois moins cher qu’en cabine…. et on passe tellement peu de temps dans sa cabine !
Pour le fret, chargement spécial cette fois-ci, pour 2 raisons qui s’additionnent : les fêtes approchent, il ne manquerait plus que les îles manquent de bière, et aussi il faut tenir compte du fait que le prochain passage de l’Aranui aux Marquises n’aura lieu qu’en février. Le prochain voyage du bateau aura lieu vers les Australes, sans fret.
60 et quelques personnes d’équipages, tous Polynésiens, des matelots (plutôt costauds, quasi tous Marquisiens) et du personnel d’hôtellerie-restauration. Tous charmants.
Les visites à terre avec des guides passionnés.
160 passagers sur ce cargo mixte. En gros : la moitié francophone (Français et Suisses), un bon tiers d’anglophones (Nord-Américains, Australiens, Néo-Zélandais), et des germanophones (Allemands, Autrichiens).
Quoi de plus pour l’instant ? le bateau est complètement autonome : 5 générateurs (ça s’appelle comme ça ?), un système pour désaliniser l’eau de mer, une station de traitement des déchets, des hélices qui restent fixes mais dont les pales pivotent, plein plein d’électronique, voilà tout ce que j’ai compris. Parce qu’en plus des Marquises, on visite le bateau aussi…. et c’est bigrement intéressant.
Considérée comme l’île « sauvage » des îles sous-le-vent.
Assez bizarre, parce qu’en réalité elle est composée de 2 îles, Huahine Nui au nord et Huahine Iti au sud. Comprenez : – Nui, c’est grand, comme Air Tahiti Nui – Iti, c’est petit. Un petit pont les rassemble. Une route d’une soixantaine de km (attention, on dépasse à peine le 50 km/h dans les lignes droites…) pour en faire le tour.
La « ville centre », c’est Fare. 1 supermarché, 2 loueurs de voitures, une très belle poste, quelques boutiques qui ont l’air de dater des années 50, un port qui fait l’animation (s’il y a un bateau), 3 roulottes qui permettent de se restaurer pour pas (trop) cher dans la soirée, quelques pêcheurs et quelques jeunes qui papotent ou qui se baignent, radio à fond (avec son plutôt techno, ou quelque chose d’approchant, suis pas trop connaisseuse…).
J’y ai séjourné 3 jours en juin dernier, au Fare Ie, je l’ai déjà souligné. Total repos !
Quoi demander de plus ? un eau limpide et calme (et chaude) à 3 mètres, des kayaks mis à disposition pour se balader jusqu’à la barrière de corail. FARE (la capitale…) à quelques encablures, accessibles par la route ou la mer (nettement plus sympa !).
Bon, on n’a pas fait que bronzer idiot ou s’extasier devant chaque poisson plus multicolore que l’autre, il y a (un peu) de quoi visiter aussi.
Site considéré comme un des sites majeurs de la Polynésie pré-européenne. Des dizaines de marae (lieux de cultes traditionnels). Des panneaux explicatifs à l’entrée du site sont justement appréciés.
Si on continue le tour de Huahine, et qu’on aborde Huahine Iti, on traverse une zone un peu plus touristique. 3 pensions. Une baie bordée de sable, ce qui est assez rare par ici, quoiqu’en disent les guides. On mange bien à la pension Mauarii, je n’y ai jamais dormi. Le relais Mahana est plus luxueux. Fare Ie vient d’y implanter une annexe, avec des tentes encore plus luxueuses (là, je crois que cela sera pour une prochaine fois….).
Et quelques points de vue époustouflants, de temps en temps, quand on prend la peine de s’arrêter, et de se laisser envahir par la beauté de quelques endroits un peu magiques….
Edit 2019 : – la pension Fare Ie est fermée depuis longtemps, dommage. – d’autres hôtels ont ouvert, et j’en ai entendu beaucoup de bien, dont le Lapita. – Huahine et Fare se sont bien développés, car le charme et l’authenticité de cette île attire des touristes sincères et curieux de la culture tahitienne.
On oublie trop souvent Moorea, quand on cite les îles à visiter. Parce que c’est trop simple ? trop en face de Papeete ?
Rare qu’on ne trouve aucun nuage au-dessus des sommets, alors j’en profite pour commenter.
En partant de la gauche, la passe (OK. Un peu escamotée sur ce cliché) qui permet aux nombreux ferrys venant de Papeete d’accoster.
Le golf en cours de construction. Il s’agit avec ce golf de pouvoir satisfaire une demande croissante dans le tourisme : le circuit golfique. Il en existe un, superbe parait-il, à Tahiti. Avec un 3°, en cours de négociation à Tahaa, le circuit ravirait les amateurs… Affaire à suivre.
Puis la baie de Cook, celle de Opunohu, et le mont Rotui entre les deux.
Complètement à droite, l’ancien site du club med, fermé et laissé à l’abandon. Mais l’endroit reste le meilleur coin de l’île : du sable fin et blanc, des motu sur lesquels farnienter, du vent pour les kiteurs, des raies pour les amateurs. Bref, que du bon.
Vaiare, la porte d’entrée à Moorea quand on arrive par ferry
Enfin, Moorea a ceci de sympa, c’est qu’elle est vivante (comme Huahine par exemple). Je veux dire là qu’il n’y a pas que des hôtels (comme à Bora), et qu’on rencontre donc la vraie vie, une vie locale dynamique (je caricature un peu, mais c’est l’idée générale que j’en retire).
Bon, les images sont d’archives personnelles, parce que ce week-end on y a retrouvé la houle, un vent fort, un lagon déchainé, et donc je ne me suis qu’à peine baignée, j’ai ainsi fait les boutiques, bouquiné, et commencé à coudre mon premier tifaifai !
3 jours à Rangiroa, ce n’est pas beaucoup, surtout quand on découvre l’atoll pour la première fois. Rangiroa signifie « vaste ciel » en langue paumotu. Et le paumotu est la langue de l’archipel des Tuamotu, au nord de Tahiti. Vous ai-je déjà dit que Rangi contient le 2° plus grand lagon au monde ?
Mais les habitants de Rangi sont suffisamment accueillants, aiment tellement expliquer leur île.. qu’il est facile de palabrer. Il ne faisait pas très beau, cela a été encore plus facile de faire connaissance, et prendre son temps de parler. Au fait, les locaux appellent leur atoll « Rangi », tout comme Fakarava devient « Faka ».
Allez, on s’y promène ensemble…
Le propriétaire de la pension Tuanake, Vetea
Père de 3 enfants, il veut investir et se développer, en rénovant ses fare (bungalows) et en achetant un motu (ilot corallien). La pension comporte 7 fare, au bord du lagon, avec salle de bains privée et brasseurs d’air, et les séjours peuvent être vendus en demi-pension. La petite plage privée est artificielle, comme souvent à Rangi. Il a bien compris que les clients souhaitent la clim, à tort ou à raison. Et, il a bien compris aussi que s’il effectue lui-même les excursions sur son motu, la marge sera pour lui ! Vetea est un peu atypique dans la mentalité polynésienne, il le dit lui-même. Son entourage se contente de peu, et il préfère garder sa liberté, aller à la pêche, cueillir des fruits, ramasser quelques noix de coco et les faire sécher au soleil, et ….. boire des bières.
Pension Tanuake, les fare, la cocoteraie, la plage et l’envers de la toiture.
Un patron de snack, Chez Esmaralda.
Il avait acheté ce snack pour son fils, puis « l’a mis dehors » dit-il, et maintenant développe son affaire sans avoir jamais été cuisinier. Comme je lui faisais remarquer que son tartare de mahi-mahi (dorade coryphène) était excellent et plutôt et original – avec des œufs de lump dedans ! – il m’a dit avec un grand sourire qu’il avait demandé conseil à des clients de passage, des Marseillais…. « J’ai encore des problèmes avec la chaîne du froid », nous a-t-il confié. Sa faconde et sa tchatche compensent formidablement bien son amateurisme. Nous y avons déjeuné 2 fois : le premier jour il n’avait plus de bière, et le dernier plus de beurre ni de poisson.
Un guide d’excursion, Jean-Pierre
C’est lui qui nous a amenés à l’Ile aux récifs. Un look d’Italien élégant, les lunettes branchées, la démarche assurée. Quel homme, mes amis !!! Adorable en plus, d’excellente humeur, beaucoup d’humour et …… fin cuisinier. Quant aux récifs, à une heure de bateau d’Avatoru la « capitale », il s’agit de « formations coralliennes surélevées et burinées par l’érosion » (dixit Lonely Planet). Plusieurs centaines de mètres quand même, et plein de petits massifs coralliens (qu’on appelle « patates »), où il fait bon nager.
Une prof d’anglais
Rencontrée au snack, elle est grande, mince, blonde, avenante. Arrivée de Paris cet été, d’un grand lycée où elle enseignait en prépa me dit-elle, découvre une ambiance de « ZEP », à son étonnement. Elle enseigne ici, au collège de Rangiroa, 350 élèves, une grande majorité interne. Elle m’avoue que les gamins locaux ne se sentent pas vraiment concernés par l’anglais, et le lui disent plus souvent qu’à leur tour. Je lui ai souhaité une bonne continuation, du courage.
Des enfants, sur la route
Puisque nous sommes en vacances, les enfants aussi, et ils s’occupent fort bien à faire claquer leurs paréos sur la route. Vous prenez un pareo, vous roulez serré, pour en faire comme une grosse corde, et vous faites claquer. Concours de pétard assuré, c’est la grande mode en Polynésie. Les journaux en ont parlé récemment, parce que bien sûr certains voisins n’apprécient pas, ou que ça dégénère en bagarre générale. Et c’est vrai que ça fait du bruit !
Un touriste allemand
Lui, il était de fort mauvaise humeur. Pas un mot à la table commune du soir, chipotant dans son assiette. On apprendra le dernier jour par Vetea qu’à son arrivée à Rangi il a loupé son bateau de croisière pour faire de la plongée. Alors il reste dans sa chambre ou sur sa terrasse, pourtant en face du lagon. Bizarre ce bonhomme quand même.
Pour résumer…
3 jours, c’est trop court. C’est un bon début, puisque nous savons déjà que nous reviendrons, plus longtemps sûrement. Parce que Rangi c’est quand même un haut lieu mondial de la plongée sous-marine, et ça, ça fait bigrement envie.
Et, vous voulez que je vous dise : nager, j’aime vraiment ça. Bien sûr, ça parait anodin comme ça. Mais, c’est juste que vous me connaissez pas assez encore. L’eau et moi, bref. Surtout, les poissons et moi…. Et voilà que j’aime ça. Un masque, un tuba, des palmes, 2 heures dans l’eau dimanche dernier. Au milieu des poissons de toutes les couleurs, il y avait même une tortue (et qu’est-ce que ça nage vite une tortue !!!), des dauphins et un …. requin. Pour les connaisseurs, je suis obligée d’avouer que c’était un « pointe noire », mais vous avez le droit d’être impressionnés, ou de faire semblant ! Cela me ferait tellement plaisir….
« Façonnée par les torrents, encaissée entre le Marau, le Diadème et l’Aorai, la vallée de la Fautaua offre une végétation variée et de riches souvenir historiques. Elle fut habitat pré-européen, bastion de résidence au protectorat français, excursion pour Pierre Loti en 1872, cantonnement militaire et station expérimentale de culture. »
La marche est très agréable sur la route de terre bordée de manguiers, de bancouliers et entourée d’une profusion de bananiers, opuhi et ‘ape. […] … on voit la rivière qui « comme une gerbe argentée, se précipite dans le vide », ainsi que la décrit Pierre Loti. »
Ces feuilles rouges, pourtant jolies, ne sont pas les bienvenues en Polynésie. Ces arbustes lianes sont des miconias, qui envahissent tout, et on leur reproche surtout d’étouffer la flore locale.
Les opuhi sont des fleurs rouges ou roses, à longue tige, que l’on trouve en France dans la composition de bouquets exotiques. Elles sont très courantes dans la « campagne » et on en trouve facilement au marché…
Cette vallée de la Fautaua, si proche de Papeete, est un lieu de promenade très fréquenté. La première partie est presque plate, les familles aiment s’y promener pour prendre le frais. Mais très vite arrivent le chemin plus pentu et les passages à gué, et les randonneurs plus avertis se régalent. D’autant plus qu’alors ils ont accès à des baignades, des cascades…
Les ananas de Moorea sont les meilleurs du Monde. Proches des ananas Victoria connus en métropole, ils sont essentiellement cultivés à Moorea. Ils suffisent à peine à la consommation locale, donc ne sont pas exportés.
champ d’ananas à Moorea
Ils sont d’une saveur exceptionnelle, évidemment.
Les ananas sont vendus par lots, ici de 7. Mille Francs Pacifiques le lot, soit 8.3 euros. Quelques fois moins.
En pratique : choisir un lot « panaché », c’est-à-dire prévoir des maturités progressives, pour les déguster tout le long de la semaine. Un paquet par semaine, voilà ce que nous avons consommé à deux, en nous régalant.
Je suis Annie, j'habite en Aquitaine et mon cœur reste à Tahiti.
Je cuisine, je voyage, voilà mes occupations principales, et je partage mes expériences ici avec vous.
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