Une semaine de vacances, en mai, c’est toujours bon à prendre, et nous sommes repartis dans les îles sous le vent en voilier.
Comme l’an dernier, nous avons profité de la présence de visiteurs très amis pour louer un voilier et naviguer aux îles sous le vent. L’an dernier, nous avions navigué entre Huahine, Raiatea et Tahaa, et leurs lagons bien sûr.
Cette fois-ci, nous avons préféré traîner dans les lagons de Tahaa et Bora.
Pour mémoire :
Tahiti et Moorea sont les Iles du Vent, de loin les plus peuplées. Les autres sont les Iles sous le Vent. Tetiaroa est un atoll quasi désert, qui appartient aux héritiers de Marlon Brando, excursion possible à partir de Papeete. Maiao est une île réservée à ses habitants, qui vivent essentiellement de l’exploitation du pandanus, et sont hostiles à toute idée de tourisme. Tupuai est toute petite, et est surtout connue ici pour avoir été aménagée (piste d’atterrissage, nouveau quai, etc) pour la visite prévue d’un président de la République qui n’est jamais venu (allez, je vous mets sur la piste, la visite était prévue en 2002…).
[Jusqu’à présent, je n’ai jamais trop mentionné les noms des hôtels, pensions, restaurants, etc, pour lesquels j’ai eu un coup de cœur (les autres, je préfère les taire). J’ai comme l’impression que je vais changer d’avis, et vous vanter quelques adresses sympa, ça peut éventuellement être utile à quelques préparateurs de voyage qui passeraient par ici.]
Le centre de location de voiliers se situe à Raiatea, et comme l’an dernier, nous avons choisi Tahiti Yacht Charter pour l’excellence de leurs services et leur amabilité. Si vous choisissez de faire un tour un jour par ici, sur l’eau essentiellement, je vous recommande chaudement leurs services. Et louer un bateau à quelques couples (2 ou 3 c’est parfait) ne revient pas plus cher que de loger à l’hôtel par ici….
Première étape : Bora.
Beau temps. Mer calme, donc presque toute la traversée au moteur, il nous faudra 4 heures pour rejoindre l’unique passe d’entrée à Bora, bien balisée.
Tour du lagon de Bora
Impossible d’en faire le tour en voilier : il n’y a pas assez d’eau à la pointe Matira, mais rien n’empêche de mouiller pas loin, ce que nous avons fait 2 nuits. Les occupations ? on barbote, on nage avec les poissons, on piste les raies, rien de bien fatiguant, mais dans tous les cas très beau.
Bora, reconnaissable entre toutes, grâce à sa « molaire » et sa « canine ». Un lagon magnifique pour sûr, l’eau y est transparente et chaude, que demander de plus ? contrairement à l’idée que j’en avais l’an dernier, en visiteuse « terrienne », cette fois-ci je suis prête à renouveler l’expérience dès que possible ! Pas la même chose, hein, de découvrir une île par la terre et par la mer, non ?
On finit même par croire que l’eau est verte à Bora…..
Photo prise depuis le cockpit. Je vous jure qu’il n’y a aucun trucage de couleurs…. ;o)
Deuxième étape bientôt (la connexion a l’air de s’améliorer) : Tahaa, mon lagon préféré.
La Pointe Venus est un haut lieu de rassemblement, de commémorations, de détente, incontournable quand on visite Tahiti.
Nous y voilà.
On distingue la baie de Matavai à droite , le phare, la plage de sable noir, et ces fonds transparents….
Voilà bien un lieu convivial. Sur la côte Est de Papeete, à Mahina exactement, ce lieu rassemble les familles, les ados qui jouent au foot, les « papas » joueurs de pétanque, quelques pêcheurs, les groupes de jeunes dans leurs pick-ups, baffles sur le plateau arrière….et bière pour tout le monde ! L’espace est vaste, il y fait bon vivre.
A demain, pour l’histoire du lieu, avant d’aborder l’histoire du Phare !
« Ce soir, au coucher du soleil, c’est la baie qu’il faut regarder , pas le soleil ! »
Si je vous dis que, sur l’Aranui, on est vraiment guidé….
Et comme je suis une bonne élève, j’ai écouté, et …. voilà.
J’allais presque être déçue ou frustrée, quand le soleil est revenu, enfin.
Pascal avait raison, non ?
Cette magnifique Baie des Vierges se situe à l’ouest, à Fatu Hiva. Son nom officiel est la Baie de Hanavave.
Et si je vous disais pourquoi cette baie de Hanavave s’appelle « Baie des Vierges » ?
Selon Pascal, notre guide marquisien : « les missionnaires seraient passés par là, et devant le nom donné à cette baie, auraient décidé de rajouter une voyelle, qui n’est pas un e. » C’était ma rubrique : c’est comme si vous y étiez….
A bientôt pour la suite, pour une série : décors marquisiens.
Voyager sur l’Aranui, c’est sportif. En particulier à cause des nombreux transbordements…
Non pas que la partie hébergement ne soit pas confortable : tout est climatisé, les repas sont excellents, la boutique est bien achalandée [quant à la Vendeuse en chef…… beaucoup d’acheteurs masculins, dans cette boutique ;-)], des prises partout et un service régulier de blanchisserie (inclus dans le prix), thé et café à discrétion à longueur de journée…
En fait, le problème, si problème il y a, c’est que de ce bateau il faut bien en descendre et y remonter de temps en temps. Sur 14 jours, 2 jours de mer, donc 11 jours (attention aux histoires de bornes et d’intervalles, tout de même) de sortie, moins 3 où on est à quai, plus 4 où on sort 2 fois… Vous suivez ? bref, on a été souvent « transbordés »
Disons que l’activité Transbordement est indissociable de la croisière Aranui…
2 types de transbordements sur l’Aranui 3.
Le moins sportif : la barge. Comme pour un « débarquement ». Pour mer calme. Avec ouverture par l’avant. Tranquille. Donc, on ne l’a pas utilisée très souvent, tout simplement parce que cela suppose qu’on arrive sur une plage qui s’y prête…
Le plus drôle : la baleinière. Un mot d’ordre : faire confiance aux marins. Les consignes sont strictes : ne passer exclusivement que « entre 2 marins ». Deux ? Quatre en réalité : 2 d’un côté, 2 de l’autre. Soit ils vous aident à sauter, soit ils vous trimballent comme un paquet très très fragile.
Ne vous inquiétez pas, les gilets, on ne les a mis qu’une seule fois, la première fois qu’on a débarqué.
Là où ça se corse, c’est quelques fois à l’arrivée. A quai je veux dire. En particulier pour un quai spécial, je ne sais plus où exactement. Spécialité : la vague casse à cet endroit-là précis, donc la baleinière monte et descend en permanence d’un bon mètre, le long du quai. Descendre ? facile selon eux : « tu attends que la vague remonte le bateau, et tu sautes à quai ». Ben voyons. Ben si, c’est facile : dans tous les cas, vous les voyez les 4 marins, 2 à quai, 2 dans la baleinière, et bien, ils interviennent, et fermement, dès qu’il le faut.
Je vous l’avais dit, les marins il faut juste leur faire confiance, et tout va bien ! En plus ils sont sympas, patients, pas moqueurs et baraqués (je sais, je l’ai déjà dit, mais je ne m’en lasse pas) On a tout « transbordé » : les bébés, les poussettes , les grands-mères (la doyenne a été magnifique, 87 ans !), les picnics, et tout et tout !
Bon, quand même, va falloir aborder les Marquises, AUSSI, maintenant qu’on a accosté….. Rendez-vous alors au prochain épisode.
J’en avais parlé. En voilà, quelques-uns au moins. Vous saurez tout des matelots de l’Aranui.
Leur tâche n°1, je répète, charger et surtout décharger le cargo. Avec casque et chaussures de sécurité, toujours. Intéressants à observer : pas un mot, quelques signes rapidement interprétés, pas de gestes superflus, chacun à sa place comme dans une chorégraphie bien maîtrisée, il s’agit d’aller vite et d’être efficace.
Les grutiers de l’Aranui
Le roi des grutiers de l’Aranui, le voilà. Il s’appelle Mahalo.
Aux étapes importantes comme à Nuku Hiva ou Ua Pou, il peut passer la journée entière dans sa cage, jouant des manettes, sans une pause. Impressionnant.
Les matelots de l’Aranui
Deuxième tâche : aider les passagers à se déplacer hors du bateau. Si la mer est calme et l’abordage facile : la barge. Sinon : tous à la baleinière ! Reportage à suivre.
Si on n’a aucune opération de déchargement quelconque, ni de marchandises, ni de passagers, vous croyez qu’ils se reposent ? ben non. Et, entre nous, franchement, vous ne croyez pas qu’avec un pinceau plus large cela aurait été plus facile ?? laver le bateau avec un truc pareil…..
Enfin, retour sur la vedette, Mahalo. Pas un reportage sur l’Aranui ou les Marquises qui ne le montre, ou qui ne parle de lui. Même le Monde, dans son reportage sur l’Aranui (si vous êtes abonné) (si vous ne l’êtes pas, lire l’extrait qui le concerne ci-dessous), qui le fait parler, ou penser, on ne sait pas trop.
Avouez qu’en plus, il a de la gueule, non ? Parait même qu’il a la peau douce, c’est une copine qui me l’a dit 😉
Selon leur humeur, quelques marins sortiront alors guitare, ukulélé (guitare hawaïenne) et hue (maracas) pour faire danser les passagères. C’est l’heure propice aux rencontres et aux confidences. Comme beaucoup de Marquisiens, Mahalo Pahuatini n’est pas très loquace. Ce colosse au crâne rasé, au corps et au visage couverts de tatouages, s’exprime d’abord avec les yeux, un froncement de nez ou un mouvement du pli de la bouche.
Mais quelques bières plus tard, il vous décryptera peut-être son histoire, illustrée, comme dans un livre, avec ses tatouages. Le voyage sur une pirogue de ses ancêtres venus d’Hawaï en suivant la Croix du Sud. Son amertume et sa colère lors de la reprise des essais nucléaires à Mururoa. Les tikis qui le protègent et lui donnent sa force. La tortue, symbole du voyage et trait d’union entre les humains et les dieux. Il confiera son attachement à ses îles, plus fort que le chant de quelques sirènes, et dira pourquoi les Marquisiens surnomment leur archipel Enua Enata : « La terre des hommes » . extrait deL' »Aranui », messager des Marquises LE MONDE | 24.08.05 | 15h12
Que ça se sache, l’Aranui, cargo pour les Marquises, c’est d’abord un cargo qui approvisionne les Marquises. La rotation est d’environ 3 semaines, autant dire que le bateau est attendu avec impatience dans les 6 îles desservies, et alors l’animation règne sur les quais.
Donc, les escales, les temps de déchargements et de rechargements sont absolument prioritaires. Les livraisons d’abord, les touristes après, voilà la règle.
Si on est à quai, 3 fois seulement, c’est relativement « facile ». Les 2 grues sont alors à l’œuvre.
Si on n’est pas à quai, ça se complique un peu, surtout pour les marins ! Alors, tout le transbordement a lieu à bord de la barge et des 2 baleinières. Et les marins déballent quasiment tout « à la main ».
Vous voulez savoir ce que j’en pense ? ces marins, ce sont de vrais artistes, d’une dextérité absolue. (voilà, les marins costauds, c’est pour bientôt…., mais il faut bien que je vous montre pourquoi ils sont costauds….)
Les produits transportés ?
A l’aller, tout. Je dis bien tout. Des véhicules, aux surgelés, bière, alimentaire, matériaux de construction, meubles, gas-oil (l’Aranui fait aussi « super-tanker » avec une part de ses soutes destinée spécialement aux carburants), etc etc. Il n’y a que des animaux vivants que je n’ai pas vus…..
Un de nos amis avait commandé une fontaine à eau. Il a passé la journée à attendre, chercher le bon conteneur, parlementer. Son épouse avait passé commande par une filière habituelle de « son marché », pour compléter ce qu’elle ne trouve pas chez le « chinois » local.. Je suppose que le Père Noël avait dû confier sa hôte aussi à l’équipage de l’Aranui, au cas où il aurait un sous-traitant sur place !
Pendant les escales, chargements pour la consommation des passagers et marins de l’Aranui aussi !
Au retour, des fruits et légumes, du poisson local, du coprah, du matériel à faire réparer à Tahiti, et des colis à livrer aux amis des escales retour. Disons qu’on rentre presqu’à vide, et le bateau relève légèrement le nez sur la route retour….
A l’arrivée à Papeete, les familles attendent, et se bousculent….
Je suis Annie, j'habite en Aquitaine et mon cœur reste à Tahiti.
Je cuisine, je voyage, voilà mes occupations principales, et je partage mes expériences ici avec vous.
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