On oublie trop souvent Moorea, quand on cite les îles à visiter. Parce que c’est trop simple ? trop en face de Papeete ?
Rare qu’on ne trouve aucun nuage au-dessus des sommets, alors j’en profite pour commenter.
En partant de la gauche, la passe (OK. Un peu escamotée sur ce cliché) qui permet aux nombreux ferrys venant de Papeete d’accoster.
Le golf en cours de construction. Il s’agit avec ce golf de pouvoir satisfaire une demande croissante dans le tourisme : le circuit golfique. Il en existe un, superbe parait-il, à Tahiti. Avec un 3°, en cours de négociation à Tahaa, le circuit ravirait les amateurs… Affaire à suivre.
Puis la baie de Cook, celle de Opunohu, et le mont Rotui entre les deux.
Complètement à droite, l’ancien site du club med, fermé et laissé à l’abandon. Mais l’endroit reste le meilleur coin de l’île : du sable fin et blanc, des motu sur lesquels farnienter, du vent pour les kiteurs, des raies pour les amateurs. Bref, que du bon.
Vaiare, la porte d’entrée à Moorea quand on arrive par ferry
Enfin, Moorea a ceci de sympa, c’est qu’elle est vivante (comme Huahine par exemple). Je veux dire là qu’il n’y a pas que des hôtels (comme à Bora), et qu’on rencontre donc la vraie vie, une vie locale dynamique (je caricature un peu, mais c’est l’idée générale que j’en retire).
Bon, les images sont d’archives personnelles, parce que ce week-end on y a retrouvé la houle, un vent fort, un lagon déchainé, et donc je ne me suis qu’à peine baignée, j’ai ainsi fait les boutiques, bouquiné, et commencé à coudre mon premier tifaifai !
3 000 Km en voiture, du nord au sud, cela permet de croiser quelques paysages. Après les côtes, les montagnes, boisées ou pelées, les vignes. Donc, nous avons visité quelques wineries, pour découvrir et déguster les vins du Nouveau Monde.
Comment quelqu’un a-t-il pu imaginer transformer cette montagne, aride au possible, au milieu de nulle part, en terre fertile, pour produire du vin ? Comment imaginer pouvoir concurrencer les producteurs mondiaux de vin, aux savoir-faire reconnus, trouver sa place sur ce marché difficile ?
Et c’est beau !!
Vignes arrosées, ventilées, emballées, des gens qui m’ont l’air d’avoir envie de réussir, et s’en donnent les moyens.
Gérées et marketées aussi. J’ai souvent pensé aux wineries californiennes, de la Napa ou de la Sonoma valleys, en en visitant quelques unes d’ici. Un vrai sens de l’accueil, du commerce, et du client aussi.
Tout a été prévu pour l’éducation des papilles. Du vrai travail de pro, que j’aurais aimé quelques fois trouver un peu plus souvent en France, grand pays du vin s’il en est. 5 dollars NZ la dégustation commentée des 4 verres ci-dessus, soit environ 3 euros.
En Nouvelle Zélande, c’est chic de boire du vin. Aux terrasses, dans les pubs, si les hommes restent à la bière, les femmes consomment facilement un verre de vin (rempli à ras bord…., et assez cher quand même). A table, au restaurant, c’est vin pour tout le monde !
On trouve le plus souvent des vins de cépage : Cabernet, Merlot, Cabernet-Sauvignon, Pinot noir, Syrah pour les rouges. Sauvignon, Chardonnay, Riesling, Viognier pour les blancs. Des essais d’assemblage quelques fois, comme Cabernet-Merlot, ou Syrah-Grenache. Du vin assez bon, même très bon, mais dans l’ensemble relativement cher. Rien à moins de 8-10 euros en grande surface, pas moins de 20 euros en restaurant.
Il serait temps que nos producteurs français se méfient des vins du Nouveau Monde. Quoique… on me souffle à l’oreille qu’ils y investissent beaucoup, et que les plus grosses maisons françaises sont parmi les premiers producteurs du Nouveau Monde, à savoir la Nouvelle-Zélande et l’Australie, l’Afrique du Sud, le Chili et l’Argentine, pour les principaux.
Après 3 semaines en Nouvelle-Zélande, à 4 000 km d’ici, retour au rythme des îles, et celui du travail aussi.
Comment raconter ses vacances ? comment transmettre ses impressions, ses sentiments ?
Sachant que j’aurais aimé savoir observer et écrire, savoir dessiner ou photographier, savoir manier l’humour, etc etc
Allez, je me lance.
Ce n’est pas le circuit que nous avons suivi, mais pas loin.
Et puis, ça n’a pas une grande importance !
Mais c’est fichu comme ça, 1500 km (à peu près) de long, une surface 2 fois plus petite que la France.
4 millions d’habitants (15% de Maoris), et beaucoup beaucoup d’Asiatiques (Chinois, Coréens, Malais, Philippins, et d’autres que j’identifie moins) nouvellement arrivés.
Un ferry entre les 2 îles, qui met à peu près 3 heures pour relier Wellington (capitale) et Picton, gros village niché au fond d’un long fjord.
Au delà de cette situation géographique (pas belle mon intro ?, j’ai l’impression de préparer un exposé comme quand j’étais au lycée, ou presque, parce qu’il n’y avait pas photos et informatique non plus…), quelques images générales. On rentrera dans les détails un autre jour, quand j’aurais pris le temps.
La Nouvelle-Zélande se présente comme le pays de tous les possibles, et en particulier le pays de tous les sports extrêmes. Vous aimez le grand frisson, vous êtes audacieux : ce pays est fait pour vous. Donc, toutes les brochures vantent la pratique de saut à l’élastique, saut en parachute, rafting, tour d’hélico, et que sais-je ? là l’imagination est sans limite, le tout proposé à des prix qui sont loin d’être négligeables.
L’île du Nord, Rotorua et Wellington
Rotorua : au centre de l’île du nord, au bord d’un lac. Grand lieu touristique. Des stations de ski pas loin. Surtout une terre « qui fume » comme ici, et un regroupement de Maoris, qui proposent spectacles et visites.
(que personne ne s’étonne de ses beaux tatouages, le feutre, ça s’efface…).
Les alentours de Wellington au coucher du soleil.
Et puis on passe au sud.
L’ïle du Sud, Queenstown et Christchurh
En gros, une île humide parce que très pluvieuse à l’ouest, mais sèche à l’est.
Des sommets enneigés (de mémoire, 23 sommets à plus de 2 300 m), des lacs, des vignobles et des moutons un peu partout, et des routes étroites.
Une idée de la côte nord de l’île du sud. La montagne qui plonge dans l’eau, donc des îles et des fjords, des recoins, une étroite route en lacets, mais des jolis points de vue. Faisait pas chaud quand même !
La côte ouest de l’île du sud est un mélange de Bretagne, d’Irlande, mais qui accepterait des sommets enneigés.
Une côte rocheuse, très découpée, une végétation qui ne manque pas d’eau, donc débordante.
Et puis pleine de surprise, comme ces glaciers à 15 km de la côte, dont les pieds sont accessibles facilement en balade, avec poussettes, gamins en sandales, et mamies en groupes !
Christchurch est une ville toute mignonne, pleine de jeunes, au bord de la côte est.
Et enfin, Queenstown, « LA » ville des sports extrêmes, où tout est possible, à condition de payer. La ville regorge de boutiques et autres offices de tourisme proposant pléthore d’activités. Obtenir la liste et une carte des balades (gratuites) à faire à pied n’a pas été si facile !
Mais que c’est beau ! [et pour les amateurs, suis pas allée faire le tour qui s’intitule « Visite des lieux (c’est à dire des montagnes) où a été tourné le Seigneur des Anneaux » – pas trop mon truc ça !]
(si, si, j’ai grimpé, même pas pris le télécabine, hé hé !!)
3 jours à Rangiroa, ce n’est pas beaucoup, surtout quand on découvre l’atoll pour la première fois. Rangiroa signifie « vaste ciel » en langue paumotu. Et le paumotu est la langue de l’archipel des Tuamotu, au nord de Tahiti. Vous ai-je déjà dit que Rangi contient le 2° plus grand lagon au monde ?
Mais les habitants de Rangi sont suffisamment accueillants, aiment tellement expliquer leur île.. qu’il est facile de palabrer. Il ne faisait pas très beau, cela a été encore plus facile de faire connaissance, et prendre son temps de parler. Au fait, les locaux appellent leur atoll « Rangi », tout comme Fakarava devient « Faka ».
Allez, on s’y promène ensemble…
Le propriétaire de la pension Tuanake, Vetea
Père de 3 enfants, il veut investir et se développer, en rénovant ses fare (bungalows) et en achetant un motu (ilot corallien). La pension comporte 7 fare, au bord du lagon, avec salle de bains privée et brasseurs d’air, et les séjours peuvent être vendus en demi-pension. La petite plage privée est artificielle, comme souvent à Rangi. Il a bien compris que les clients souhaitent la clim, à tort ou à raison. Et, il a bien compris aussi que s’il effectue lui-même les excursions sur son motu, la marge sera pour lui ! Vetea est un peu atypique dans la mentalité polynésienne, il le dit lui-même. Son entourage se contente de peu, et il préfère garder sa liberté, aller à la pêche, cueillir des fruits, ramasser quelques noix de coco et les faire sécher au soleil, et ….. boire des bières.
Pension Tanuake, les fare, la cocoteraie, la plage et l’envers de la toiture.
Un patron de snack, Chez Esmaralda.
Il avait acheté ce snack pour son fils, puis « l’a mis dehors » dit-il, et maintenant développe son affaire sans avoir jamais été cuisinier. Comme je lui faisais remarquer que son tartare de mahi-mahi (dorade coryphène) était excellent et plutôt et original – avec des œufs de lump dedans ! – il m’a dit avec un grand sourire qu’il avait demandé conseil à des clients de passage, des Marseillais…. « J’ai encore des problèmes avec la chaîne du froid », nous a-t-il confié. Sa faconde et sa tchatche compensent formidablement bien son amateurisme. Nous y avons déjeuné 2 fois : le premier jour il n’avait plus de bière, et le dernier plus de beurre ni de poisson.
Un guide d’excursion, Jean-Pierre
C’est lui qui nous a amenés à l’Ile aux récifs. Un look d’Italien élégant, les lunettes branchées, la démarche assurée. Quel homme, mes amis !!! Adorable en plus, d’excellente humeur, beaucoup d’humour et …… fin cuisinier. Quant aux récifs, à une heure de bateau d’Avatoru la « capitale », il s’agit de « formations coralliennes surélevées et burinées par l’érosion » (dixit Lonely Planet). Plusieurs centaines de mètres quand même, et plein de petits massifs coralliens (qu’on appelle « patates »), où il fait bon nager.
Une prof d’anglais
Rencontrée au snack, elle est grande, mince, blonde, avenante. Arrivée de Paris cet été, d’un grand lycée où elle enseignait en prépa me dit-elle, découvre une ambiance de « ZEP », à son étonnement. Elle enseigne ici, au collège de Rangiroa, 350 élèves, une grande majorité interne. Elle m’avoue que les gamins locaux ne se sentent pas vraiment concernés par l’anglais, et le lui disent plus souvent qu’à leur tour. Je lui ai souhaité une bonne continuation, du courage.
Des enfants, sur la route
Puisque nous sommes en vacances, les enfants aussi, et ils s’occupent fort bien à faire claquer leurs paréos sur la route. Vous prenez un pareo, vous roulez serré, pour en faire comme une grosse corde, et vous faites claquer. Concours de pétard assuré, c’est la grande mode en Polynésie. Les journaux en ont parlé récemment, parce que bien sûr certains voisins n’apprécient pas, ou que ça dégénère en bagarre générale. Et c’est vrai que ça fait du bruit !
Un touriste allemand
Lui, il était de fort mauvaise humeur. Pas un mot à la table commune du soir, chipotant dans son assiette. On apprendra le dernier jour par Vetea qu’à son arrivée à Rangi il a loupé son bateau de croisière pour faire de la plongée. Alors il reste dans sa chambre ou sur sa terrasse, pourtant en face du lagon. Bizarre ce bonhomme quand même.
Pour résumer…
3 jours, c’est trop court. C’est un bon début, puisque nous savons déjà que nous reviendrons, plus longtemps sûrement. Parce que Rangi c’est quand même un haut lieu mondial de la plongée sous-marine, et ça, ça fait bigrement envie.
Et, vous voulez que je vous dise : nager, j’aime vraiment ça. Bien sûr, ça parait anodin comme ça. Mais, c’est juste que vous me connaissez pas assez encore. L’eau et moi, bref. Surtout, les poissons et moi…. Et voilà que j’aime ça. Un masque, un tuba, des palmes, 2 heures dans l’eau dimanche dernier. Au milieu des poissons de toutes les couleurs, il y avait même une tortue (et qu’est-ce que ça nage vite une tortue !!!), des dauphins et un …. requin. Pour les connaisseurs, je suis obligée d’avouer que c’était un « pointe noire », mais vous avez le droit d’être impressionnés, ou de faire semblant ! Cela me ferait tellement plaisir….
« Façonnée par les torrents, encaissée entre le Marau, le Diadème et l’Aorai, la vallée de la Fautaua offre une végétation variée et de riches souvenir historiques. Elle fut habitat pré-européen, bastion de résidence au protectorat français, excursion pour Pierre Loti en 1872, cantonnement militaire et station expérimentale de culture. »
La marche est très agréable sur la route de terre bordée de manguiers, de bancouliers et entourée d’une profusion de bananiers, opuhi et ‘ape. […] … on voit la rivière qui « comme une gerbe argentée, se précipite dans le vide », ainsi que la décrit Pierre Loti. »
Ces feuilles rouges, pourtant jolies, ne sont pas les bienvenues en Polynésie. Ces arbustes lianes sont des miconias, qui envahissent tout, et on leur reproche surtout d’étouffer la flore locale.
Les opuhi sont des fleurs rouges ou roses, à longue tige, que l’on trouve en France dans la composition de bouquets exotiques. Elles sont très courantes dans la « campagne » et on en trouve facilement au marché…
Cette vallée de la Fautaua, si proche de Papeete, est un lieu de promenade très fréquenté. La première partie est presque plate, les familles aiment s’y promener pour prendre le frais. Mais très vite arrivent le chemin plus pentu et les passages à gué, et les randonneurs plus avertis se régalent. D’autant plus qu’alors ils ont accès à des baignades, des cascades…
Les ananas de Moorea sont les meilleurs du Monde. Proches des ananas Victoria connus en métropole, ils sont essentiellement cultivés à Moorea. Ils suffisent à peine à la consommation locale, donc ne sont pas exportés.
champ d’ananas à Moorea
Ils sont d’une saveur exceptionnelle, évidemment.
Les ananas sont vendus par lots, ici de 7. Mille Francs Pacifiques le lot, soit 8.3 euros. Quelques fois moins.
En pratique : choisir un lot « panaché », c’est-à-dire prévoir des maturités progressives, pour les déguster tout le long de la semaine. Un paquet par semaine, voilà ce que nous avons consommé à deux, en nous régalant.
Je suis Annie, j'habite en Aquitaine et mon cœur reste à Tahiti.
Je cuisine, je voyage, voilà mes occupations principales, et je partage mes expériences ici avec vous.
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