Je ne me souviens pas si je vous ai déjà parlé des artisans polynésiens. Chaque archipel a ses spécialités, alors on va commencer par les artisans de Tahiti.
Les produits artisanaux pour touristes, mais pas que…
Quand un touriste arrive à Tahiti, il découvre assez vite le marché central de Papeete et ce marché situé sur le front de mer, devant l’office du tourisme. Voilà une première idée des produits qui l’attendent.
Que voit-on ? au fond à gauche, des paréos, de toutes les couleurs. En dessous, des paniers en pandanus, réputés originaires de l’archipel des Australes. Et puis des centaines de colliers, bracelets, bagues, créés avec des coquillages. Et surtout la vendeuse, en robe « missionnaire », et dont la couronne est strictement végétale.
Bien sûr, quelques uns de ces produits sont originaires des Philippines, d’Indonésie, de Thaïlande.
Mais beaucoup sont faits localement, et c’est une activité rémunératrice non négligeable en Polynésie.
Toujours place des artisans, cette mamie dynamique. Elle tresse des cordons de toutes couleurs, et confectionne essentiellement des colliers, en y apposant des coquillages et des nacres découpées. Toujours en robe missionnaire. Et son chapeau, vous avez vu son chapeau ??
Et puis, pour changer, je vous amène faire un petit tour dans une entreprise que j’aime bien
Prokop, artisan spécialisé dans le travail de la nacre
Prokop, c’est une entreprise de Pirae, cachée dans la vallée de Hamuta, qui s’est spécialisée dans l’art plutôt haut de gamme : aujourd’hui on découvre ensemble le travail des nacres.
Rien ne se perd dans les huîtres perlières, je vous en avais parlé à mon retour des Gambier, vous vous souvenez ? On récupère les perles pour les bijoux, les kororis pour se régaler, et maintenant je vous montre le travail des nacres.
Elles sont reçues dans des grands sacs, elles sont alors triées, toutes sont poncées, les plus belles sont gardées entières pour être gravées, en série ou sur commande, les irrégulières ou abîmées sont découpées (en cœurs, fleurs, boutons, etc etc). C’est assez courant que les badges d’hôtesses soient réalisés en nacre gravée.
Ces graveurs sont de vrais artistes, respectés et appréciés. Certains travaillent là depuis la création de Prokop et forment les jeunes à leur tour.
Et parce que tout se termine en musique ici,
ce couple et moi-même vous souhaitons une bonne reprise de semaine. A bientôt, portez-vous bien.
Et oui, donc, j’ai un nouveau joujou. Je veux parler de mon appareil photo. J’en ai bien profité pour regarder de près les poissons de Tahaa, dans ce magnifique jardin de corail, donc je vous montre.
Après tous mes précédents déboires, celui de 2006 qui s’est oxydé grâce à l’humidité ambiante tropicale, et celui de 2007 que j’ai laissé tomber, j’ai donc opté ce printemps pour un nouvel appareil : étanche et anti-choc !
C’est Olympus qui fait ça, étanche jusqu’à – 10 mètres, et il parait que je peux le laisser tomber d’une hauteur de 2 mètres et qu’il résiste au gel, mais là j’ai pas encore essayé…. ;-), et, et…. il tient dans la main (ça, ça veut dire qu’il est tout petit et .. léger). Ses inconvénients, parce qu’il y en a quand même, liés à sa taille et son étanchéité : faut avoir les doigts souples et précis pour atteindre le bon bouton (et du coup, sous l’eau, vaut mieux avoir les 2 mains libres), et l’écran n’est pas terrible non plus. Mais bon…
Ces demoiselles s’appellent aussi des « chromis ». Elles se déplacent en petits groupes, et ont tendance à nous ignorer. On distingue bien ici différentes sortes de coraux, donc les « patates » au premier plan, et des « choux-fleurs » au centre.
Celui-là, c’est un poisson coffre. Pas très grand, il ne se déplace pas très vite non plus, compte tenu de sa corpulence…
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Impressionnant, parce qu’ils étaient quelques centaines autour de nous, ces chirurgiens bagnards. Ils se déplacent toujours en bande, et se laissent approcher. A ne pas pêcher, et encore moins consommer, à cause du risque de ciguatera qu’ils présentent.
Une loche qui joue à cache-cache, c’est pas mignon ? les livres sur les poissons précisent que les loches vivent à l’ombre sous les coraux, donc souvent pas faciles à photographier.
Les bénitiers, c’est toujours fascinant, parce qu’ils offrent des couleurs surprenantes. Cela se mange, on en trouve au marché (sortis des coquilles), et je me suis toujours demandée comment les ramasseurs sont si doués pour sortir ces coquilles des coraux où ils se logent. Je sais bien, la théorie dit qu’il faut coincer un tournevis dans l’ouverture, et tirer, etc. Mais quand même, ils sont forts.
Bon, revenons aux photos, et rendons à César… Disons que le jardin de corail ne me met pas dans des conditions optimales pour me servir correctement de mon nouveau joujou. [c’est pas joliment bien dit, ça ?] M’équilibrer dans le courant, éviter les coraux, tenir l’appareil des 2 mains, manipuler les petits boutons avec mes gants de jardinage aux mains, regarder l’appareil sans lunettes (et travers un masque) et viser les poissons, tout ça sous l’eau, ça fait encore beaucoup pour moi.
Mais comme je trouve que mon cher et tendre s’en sert très bien…
Ce jardin de corail est une pure merveille. Alimenté en permanence par l’eau de l’océan, il est à la température idéale pour le développement des coraux.
Il se situe le long du Tahaa Pearl Resort, à l’ouest de Tahaa.
Arriver au jardin de corail
Deux manières d’y aller faire un tour (en supposant que vous ne résidiez pas au Relais et Châteaux mitoyen du jardin de corail…) :
– utiliser une excursion en bateau qui vous y amène. Il y a quantité de prestataires, qui vont chercher leurs clients à Raiatea ou Tahaa.
– jeter l’ancre en face du jardin, le long des chambres sur pilotis de l’hôtel, et rejoindre le motu en annexe. C’est ce que nous avons fait cette fois-ci.
Donc, depuis le bateau, sur la gauche : l’hôtel ; entre les 2 motus, un passage : le jardin de corail, et dans le fond à droite, on peut deviner Bora.
Le principe du jardin de corail de Tahaa
Le principe consiste donc à accoster sur le motu de droite (en réalité, il y a 3 motus, mais je ne parlerai pas de celui de l’extrême-droite, donc je fais comme s’il n’y en avait que 2), et de longer l’eau en marchant sur le motu jusqu’à un endroit sympa (il y en a plusieurs) qui permette facilement d’échanger les chaussures (sandales plastiques ou tongs) pour des palmes et de passer à l’eau. Le « chemin » est composé de corail concassé, je ne conseille pas d’y aller pieds nus, sauf à être polynésien.
Reste quand même à résoudre le portage des chaussures, pour ma part, je les mets sous mon lycra.
Je recommande fortement l’usage de gants, parce qu’il arrive qu’on s’agrippe à des coraux, et les coraux, ça coupe !!! je porte des gants « de jardinage », les plus souples possible.
D’autres ont bricolé une ceinture nylon équipée de mousquetons.
Pour l’appareil photo (étanche, anti-choc, je crois qu’il faudra que j’en parle une autre fois), on le porte dans un « brassard », en réalité c’est un étui à lecteur mp3. Mon chéri le porte autour de la cuisse, il parait que c’est plus pratique….
Bon, on rampe enfin comme on peut (parce que marcher avec les palmes, c’est toujours très drôle mais pas très pratique non plus) jusqu’à ce que la hauteur d’eau permette de nager. Et c’est à ce moment que le vrai spectacle commence.
La descente du jardin de corail
Une fois les palmes aux pieds, il s’agit de se mettre à plat ventre le plus vite possible, disons avec de l’eau à mi-mollet, pour voir les poissons encore de plus près. Aussi parce que marcher avec des palmes… bof 😉
On se laisse porter par le courant et on ouvre tout grand les yeux. Le courant est moins fort sur les côtés qu’au milieu du hoa. Donc, pour les débutants, n’hésitez pas à nager sur les bords, vous avez pied et le courant n’est pas fort.
coraux appelés « cornes de cerfs »Le corail de feu, à éviter.
Ci-dessus, le fameux corail de feu. C’est beau, c’est presque jaune fluo sous l’eau, mais il vaut mieux ne pas toucher, parce que ça brûle et c’est urticant. A bon entendeur…. Vous comprenez mieux pourquoi je porte des gants…
Je rappelle que le corail ça coupe, et qu’il est courant de se « frotter » un peu les jambes ou les genoux contre les coraux. Un seul remède une fois hors de l’eau : le citron. On coupe un citron en 2, et on frotte la plaie avec la pulpe du citron : ça pique, mais c’est le plus efficace !
Une amie préfère porter des leggings usés, cela protège bien les jambes et les genous.
Le lycra, c’est surtout pour éviter les coups de soleil dans le dos. On passe facilement 2 heures à palmer dans ce jardin, et le dos à fleur d’eau pendant tout ce temps…. ça pourrait faire mal….
Et si on pouvait éviter de marcher sur le corail avec ses palmes… hein !!!! les coraux vous remercieront
Le courant nous porte, dans un labyrinthe de coraux. Voilà, il suffit de se laisser porter…..
Le jour se lève, la brume n’a pas disparu, on aborde el Golfo de Penas, que chacun appréhende (et où il ne se passera rien du tout… explications plus bas)
C’est pas tout de regarder les paysages, encore faut-il s’occuper !
Dire que la journée est rythmée par les horaires des repas, même minimalistes ces repas, est un euphémisme.
Des services différenciés, comme à la cantine ; les groupes qui réservent leur table, comme à la cantine ; du rab éventuel, comme à la cantine.
La conséquence immédiate, c’est qu’on n’y passe pas des heures !
Je ne résiste pas au plaisir de vous rappeler les menus du 25 décembre ! Voilà mon déjeuner de Noël !!
Et vous pouvez ainsi lire aussi le programme prévu, essentiellement des documentaires et films sous-titrés. A notre disposition aussi, et intéressant, l’avancement du bateau sur un écran, avec des images du style GPS. Bref, on s’occupait comme on pouvait.
Parce que, quand même, l’écoute des « conversations » à bord étaient plutôt marrante. Disons que ça tenait plus de mimes que de vraies conversations, et ça avait l’air de marcher ! Je rappelle qu’on entendait parler surtout allemand, espagnol, anglais, français, hollandais, et d’autres que je n’ai pas su situer !
Une autre occupation, celle de la journée du 25, a été de faire des pronostics sur l’état del Golfo de Penas. C’est l’endroit où le bateau quitte les canaux et affronte l’océan, dans une région du monde où la mer n’est pas réputée calme. Donc, c’était l’évènement de la croisière ! Nos GO l’avaient bien compris, et non seulement ces T-shirts étaient en vente à l’entrée de la cantine, histoire de nous mettre dans l’ambiance, mais surtout on nous annonçait régulièrement au micro qu’il valait mieux acheter un comprimé (vendu au prix de la boîte entière) au cas où…..
Restaient la lecture, la somnolence avec ou sans IPod (ou la méditation, au choix), les discussions, les jeux de carte, et bien sûr le bar….
Et je vous laisse jusqu’à la semaine prochaine, week-end prolongé ici, nous filons retrouver bateau et lagons…
La Patagonie chilienne correspond à 2 régions administratives : Patagonia Norte et Patagonia Sur.
Et si vous regardez bien la carte, il n’y a aucune route, sur le territoire chilien, qui permette de passer au sud et à la Terre de Feu, depuis Puerto Montt et Chiloe.
Nous pensions sincèrement que la solution de cette « croisière » en bateau serait la meilleure, pour éviter de reprendre un avion. Et puis, nous avions aussi envie d’un avant-goût de ce qui nous attendait au sud : avoir froid en naviguant dans les détroits mythiques !
Nous avons donc passé 3 jours sur l’Evangelistas, et si vous avez cliqué, vous comprenez bien que les paysages annoncés étaient tentants !
Départ donc de Puerto Montt, vers le Sud. Allez, petit regard en arrière, parce que je ne m’en lasse toujours pas.
Cet Osorno, avec son cône enneigé presque parfait, me rend un brin nostalgique de cette magnifique région.
Et puis, l’Evangelistas commence son périple dans ces bras de mer, entre fjords et canaux.
La mer est très calme, abritée par des collines inhabitées. Elles sont soit caillouteuses, soit recouvertes d’arbres rachitiques, parce que malades.
Les passages, dans ce qui ressemblerait à un labyrinthe, sont bien souvent assez étroits, et les marins sont assez doués !!
Nous n’avons croisé aucun animal, ni oiseau, juste très peu de petits cargos.
Un seul village et ses quelques dizaines d’habitants, Puerto Eden, dont je vous parlerai au prochain épisode.
Certains sommets sont enneigés, on a croisé quelques glaciers qui viennent lécher la mer sans croiser non plus les paysages montrés dans la brochure Navimag comme ceux de la Laguna San Rafael !
Les paysages se sont succédés ainsi, jusqu’à l’arrivée à Puerto Natales, où nous étions heureux de débarquer.
Maintenant que je reviens vers ces photos, 4 mois plus tard, il me reste le sentiment d’avoir traversé des terres et eaux pour lesquels les Chiliens se sont battus, et qui sont complètement isolées, sans accès facile. Impression que je n’aurais certainement pas eue en survolant tout cet espace en 2 heures.
Je suis Annie, j'habite en Aquitaine et mon cœur reste à Tahiti.
Je cuisine, je voyage, voilà mes occupations principales, et je partage mes expériences ici avec vous.
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