Nous n’avions pas beaucoup d’expérience de « croisière » en bateau ; nous avions adoooôooré l’Aranui ; alors, nous avions pensé apprécier 3 jours sur le cargo-mixte exploité par la société Navimag !
3 jours pour quitter Puerto Montt et rejoindre Puerto Natales, en traversant fjords et canaux du grand sud. Cela semblait plus intéressant que de prendre l’avion, la route terrestre s’arrêtant quelque part, in the middle of nowhere….
Déjà, je peux vous le dire, rien à voir avec l’Aranui, mais alors rien de rien !
En route avec Navimag !
La population à bord ? des jeunes, très jeunes, toutes nationalités mais beaucoup d’Allemands, en couples pour le plus souvent, qui prennent au moins 2 mois pour « tourer » en Amérique du Sud. Et des jeunes retraités aussi, qui prennent le temps de voyager, plusieurs mois, avec sacs à dos !
Et vous voulez savoir comment on reconnait un jeune d’un « vieux » ? un jeune, ça s’assoit par terre, ça met ses chaussures sur les coussins, et ça boit du vin rouge qu’il achète en brique et qu’il peut boire, à la température de la chaleur intenable présente dans les cabines, dès 14 heures…. et je ne crois pas que ça ne soit expliqué que par une différence de revenus…. 😉 (bon, là je sens que je vais me faire des ennemis, et que je vais être rangée de suite dans les vieilles aigries… ben oui… tant pis, parce qu’au fond je sais bien que ceux qui me connaissent -vraiment- ne vont pas me ranger dans cette catégorie)
Les logements ? des cabines du type des cabines SNCF à 4 lits superposés, aussi petites, sans fenêtre. Salle d’eau à l’extérieur, dans le couloir.
Les repas ? très drôle au dixième degré, pour oublier leur tristesse….. disons que ça maintient détaché des contingences matérielles 😉 parce que je rappelle encore que nous y étions pour les fêtes de Noël, dans un pays plutôt branché catho…. comme quoi…. Preuve en photos :
Et oui, ça c’était le repas du 25 décembre, à midi.
Du riz et de la soupe ? à chaque repas. Pour le reste…. inégal, et assez aléatoire. Quant au style….. je vous laisse apprécier… Alors, oui, heureusement qu’on s’est fait des copains très sympa et très drôles, qu’on a complété nos repas avec du pisco sour à l’apéritif et du vin rouge qu’on pouvait acheter au bar….
L’animation ? les 2 pauvres « animatrices » ont fait ce qu’elles ont pu…. c’est-à-dire pas grand chose : rappel des consignes de sécurité, vente des comprimés anti-mal de mer, annonces diverses entre météo et nom du canal traversé….
Allez, 3 jours à ne rien faire, sur un espace réduit. Et pourtant, on s’est occupé, entre parlotes, lectures, etc etc
Il restera d’avoir rencontré un couple du sud de la France, jeunes retraités, qui s’accordait 3 mois pour accomplir un périple Buenos Aires – Pérou – Chili du nord au sud, et retour par le sud de l’Argentine, entre déserts et glaciers.
Et d’avoir traversé des paysages assez hors du commun – surtout en arrivant de Tahiti ;-). Ce sera pour le prochain épisode.
N’oubliez pas la tenue indispensable (je rappelle que nous y étions en tout début d’été). L’est pas beau mon bonnet chilote*, en vraie laine de mouton, tricoté main ? hein ?
* chilote : ça vient de l’île de Chiloe, en face de Puerto Montt. Nous y avons passé une journée avant de rendre notre voiture, et embarquer sur le Navimag.
C’est le moment de reprendre « la vie en couleurs », et revenir sur nos pas au Chili. Après mes histoires de Moai et de poules de l’Ile de Pâques, j’avais promis une suite, la voilà. C’est maintenant que je vous raconte la magie de l’Osorno, mon volcan fétiche.
Je passerai brièvement sur notre séjour à Santiago où j’ai surtout visité les commissariats.
Avec Santiago, on n’est pas restés très copains, on a même eu du mal à en partir. Du moins, nous avons quitté la ville assez stressés.
Vous avez déjà vu ça, vous ? nous louons une voiture pour partir (la route des vins nous attendait… héhé), et le loueur nous amène la voiture à l’hôtel, ce qui était plutôt bien. Et là, surprise : la voiture était livrée sans plan, ni de ville ni du Chili, et surtout le réservoir vide !!!!
Quitter un centre ville de capitale dans ces conditions….. ben, on s’en est sorti. Nous avons assez vite résolu le problème du plein, mais pour la carte…. nous avons fini tout notre séjour sans carte !!! que je vous explique : les impressions de cartes ont lieu une fois l’an, en ….. janvier. Donc, comme ils sont malins et surtout bons gestionnaires, il y a longtemps qu’il n’y a plus de stocks de cartes routières ou touristiques en décembre au Chili. C’est aussi simple que ça.
Bref. On file donc vers le sud, pour la route des vins exactement. Je vous passe les détails, les arrêts, et peut-être bien qu’un jour sans inspiration, je reviendrai vous parler des vins chiliens.
Pour aujourd’hui, c’est l’Osorno, mon choc « paysager » (je sais pas trop si ça se dit, mais ça me convient. Alors….).
L’Osorno, ça se voit de loin….
L’Osorno, ça se laisse découvrir….
L’Osorno, ça se laisse apprécier….
L’Osorno, ça se quitte difficilement….
Bon, chipotez pas, je crois bien que sur cette dernière photo, ce n’est pas l’Osorno, mais il suffit d’y croire un peu…. Et l’Osorno n’est pas le seul volcan du coin, ils auraient plutôt tendance à former une chaîne, que les médias évoquent trop souvent en cas de tremblement de terre ou d’éruption volcanique.
2 Jours à Puerto Varas, au pied de cet Osorno, ce fut trop bref. Il y a un immense lac, des balades à pied et à cheval, une vraie animation touristique et sportive. Et, curieusement, beaucoup d’Allemands, de boutiques et restaurants allemands… Bon, je sais bien que l’histoire du coin explique très bien la présence allemande, mais quand on y arrive, c’est curieux quand même….
Nous en sommes repartis par Puerto Montt, en bateau cargo, pour rejoindre la Patagonie.
Les églises des Gambier livrent un témoignage très fort de la foi des habitants des Gambier, et en particulier de Mangareva.
Ainsi, on revient aux Gambier, à Mangareva son île principale, et à 2 de ses îles qui sont – un peu – habitées, Akamaru et Turavai.
Donc, difficile de parler des Gambier, au-delà des couleurs du lagon et des perles, sans parler catholicisme.
L’influence (démoniaque) du Père Laval
Voilà donc le symbole de l’importance de la mission catholique du père Laval, la première en Polynésie. La congrégation du Sacré Cœur s’installe ici en 1834, et les pères Laval et Caret se chargent de convertir les Mangaréviens. Le père Laval dirige tout : la religion, les travaux gigantesques (la cathédrale, 9 églises et chapelles, les couvents et monastères, les routes et les quais), bref, il dirige tout. Au point qu’il fut chassé de ce « paradis » en 1871, pour bénéficier d’une mise à la retraite d’office à Tahiti.
Cette cathédrale, nous ne l’avons pas visitée, parce qu’elle est fermée depuis 4 ans : elle pourrait être dangereuse pour les visiteurs. Effectivement, on voit bien qu’elle a besoin de quelques travaux.
Mais, enfin, une cathédrale à Rikitea ??? qui peut accueillir 1200 ouailles ? dans un archipel qui actuellement compte à peine 1300 habitants ? je vous laisse en tirer toutes les conclusions que vous voudrez…
Toujours est-il qu’en ce moment c’est là que la messe est dite.
Quand j’ai demandé si la population était encore catholique maintenant, on m’a répondu que oui, avec grande ferveur. Nous avons ainsi croisé une procession, largement suivie, le lundi en fin d’après-midi : à nos questions, on a appris qu’on fêtait la Ste Bernadette. Soit.
Reste qu’un couple de Témoins de Jehovah vient de s’installer et aurait converti déjà 2 familles. Misère de misère…
Par contre, aucun commentaire, aucune trace visible concernant les marae et les Polynésiens d’avant le père Laval. Comme si Mangareva n’avait commencé à exister qu’à ce moment. Bizarre de bizarre… Triste plutôt.
Le catholicisme fervent dans les îles
On change d’île, et je vous amène sur celle de Akamaru. Une église simple, Notre Dame de la Paix. Je vous laisse admirer.
Une décoration simple, des tours asymétriques, des alentours nickel.
On change d’ile, pour découvrir Turavai et l’église Saint Gabriel, que je vous ai déjà montrés. Là, les Mangaréviens ont acquis plus d’expérience dans la construction, et les décors apparaissent.
Je vous laisse découvrir la déco bien locale de la façade de cette église : coquillages, et en particulier les « 7 doigts« ….. Et à l’intérieur, ce sont les nacres et autres petits coquillages qui amènent le brillant…
La couleur bleue sur toutes églises n’est pas liée à Marie, mais….. au drapeau mangarévien, bleu et blanc !
Évidemment, ces églises sont parfaitement entretenues, et sont entourées de jardins magnifiques. Entretenues bénévolement, car, « heureusement, les Mangaréviens ont encore la foi », nous a confié notre guide Benoît.
A suivre, un dernier reportage sur les Gambier et Mangareva. Et après, on verra.
– c’est un immense lagon, qui contient quelques îles hautes (les points hauts des cratères que l’on devine bien sur les cartes, des motus aux belles plages sur la barrière et beaucoup de fermes perlières au milieu. Mangareva est l’île haute principale, qui abrite la « ville » principale, Rikitea.
– c’est relié à Tahiti 2 fois par semaine en avion, et 2 bateaux passent chacun 2 fois par mois. Autant dire que ce n’est pas très facile d’y aller.
– c’est à 1 600 kilomètres de Tahiti, donc c’est loin. Et en ATR, 42 ou 72, il faut compter 4 heures de vol environ. Avec escale… et oui.
– 3 ou 4 pensions se disputent le peu de touristes qui y passent. La pension de Benoît et Bianca est certainement la plus dynamique. Les Mangaréviens se sont opposés récemment à toute installation d’hôtel, donc peu d’activité organisée sur place.
– depuis 3 ans, c’est le lieu de « résidence » d’Antoine, qui vit sur un catamaran jaune dans le lagon (j’ai pas dit un sous-marin). Benoît trouve que ses lunettes ne doivent pas être vraiment à sa vue parce qu’Antoine écrirait quelques bêtises sur les Gambier…. Il a beaucoup d’humour, ce Benoît….
– 1 300 personnes environ, qui cultivent fortement leur identité mangarévienne, et parlent …. mangarévien. Ils disent que leur langue est proche du marquisien, qu’ils comprennent les autres langues polynésiennes, tahitien et pomotu (la langue des Tuamotu), mais que les Tahitiens et Pomotu ne comprennent pas le mangarévien. Allez comprendre !!!
– l’activité dominante, c’est….. les perles ! L’empereur de la perle, à savoir l’empire WAN, y cultive, produit, l’immense partie de ses perles. Les eaux limpides, à la bonne température, des Gambier sont parfaites pour la culture des huitres perlières, et les perles produites ici sont d’une immense qualité.
A côté du site de Tongariki, à flanc de volcan, se trouve le lieu principal où se sculptaient les moai : la carrière Rano Raraku. Donc on révise ensemble les moai de Rapa Nui, et je vous montre « l’usine de moai » ou du moins ce qu’il en reste.
Quand on arrive au parking en contre-bas de ce volcan (on peut accéder aussi au cratère, dont on parlera une autre fois, parce qu’il est magnifique), on ne peut être qu’impressionné : une montagne pelée, et des dizaines et des dizaines de moai, entourés de quelques vaches ou chevaux qui paissent là tranquillement.
Imaginez.
On est là dans la fabrique de moai ; et pour diverses raisons, toute l’activité s’est arrêtée, d’un coup (ou presque). On trouve donc ici des moai, à tous les stades de la fabrication. Certains ne sont que des ébauches, d’autres sont prêts à être livrés.
La plupart de ces moai sont dressés, seuls la tête ou le buste dépassent du sol. D’autres sont couchés, comme cette tête encore si proche de la cavité dans laquelle elle a été façonnée.
Un sentier aménagé permet de circuler au milieu de tous ces moai, dont le regard semble fixer loin l’horizon.
Le plus grand de ces moai mesure 21 mètres, les autres sont moins grands (forcément), cela dépend de leur état d’enfouissement aussi. Pour vous donner une idée, une photo qui vous permette de vous rendre compte de leur grande taille.
La taille des oreilles des moai a beaucoup intrigué les observateurs, qui les ont qualifiées de « longues ». En réalité, si vous les observez bien, le point le plus haut de ces oreilles correspond à la tempe, le point le plus bas à la base du nez…. Vérifiez avec les vôtres, vous saurez si vous avez de « longues oreilles » !!!!
Autre interrogation : les chercheurs qui se succèdent ne sont pas tous d’accord sur les techniques employées pour déplacer ces moai. La carrière de Rano Raraku garde encore beaucoup de mystère, et toutes les hypothèses sont encore émises.
Imaginez encore.
Ces moai pèsent des dizaines de tonnes, étaient sculptés « couchés » à même la roche dont ils sont extraits, et le mystère de leur déplacement reste entier. Certains pensent qu’ils étaient transportés couchés jusqu’à leur destination finale. D’autres ont essayé de prouver qu’il était techniquement possible de les faire « voyager » debout (et beaucoup de spécialistes restent sceptiques, sachant que les moai sont fabriqués d’une seule pièce, et qu’il valait mieux pour la santé du sculpteur et des transporteurs qu’ils arrivent entiers sur leur ahu).
Et puis, brutalement, vers la fin du 18° siècle, la production a cessé, et les moai érigés sur leurs ahu ont été mis à terre (pour autant que les chercheurs aient pu reconstituer les faits). Plusieurs explications co-existent :
– des guerres fratricides entre les tribus, et la disparition des sculpteurs – la « révolution » du « petit peuple », et particulièrement l’amertume envers les Dieux pas très reconnaissants (quelques famines ont eu lieu à cette période) – la diminution des ressources naturelles, et du bois en particulier
Les moai visibles actuellement, en particulier à Anakena et Tongariki ont été restaurés, et tant reste à faire. Cela explique que des moai manquent, soient cassés, ou que leur pukao* ait disparu. Par exemple, le site de Tongariki a été restauré grâce à des fonds japonais.
Par la lenteur ou la faiblesse des recherches, ces moai gardent encore une partie de leur mystère. Et, dans un sens, cela n’est peut-être pas plus mal. Ils ont l’air de continuer à surveiller l’île, à protéger les lieux, les habitants et les touristes, et ils imposent le respect.
Il est facile de se laisser envoûter par les lieux, et c’est probablement tout le charme de Rano Raraku, et donc de Rapa Nui
* je rappelle que les pukao ne sont pas des chapeaux, mais symbolisent la coiffure en chignon des chefs ou dieux.
Sources : Lili notre guide, les guides Lonely Planet et Petit Futé. Les photos sont …… les miennes !
Je suis Annie, j'habite en Aquitaine et mon cœur reste à Tahiti.
Je cuisine, je voyage, voilà mes occupations principales, et je partage mes expériences ici avec vous.
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