Ambiance sur l’Aranui 5, îles Marquises

Ambiance sur l’Aranui 5, îles Marquises

Difficile d’évoquer l’archipel des Marquises, lieu mythique entre tous, mieux que ne l’a chanté Brel.
J’ai eu la chance de parcourir cet archipel fin décembre, grâce à la croisière proposée par l’Aranui.
L’Aranui est un cargo mixte, qui dessert 6 îles des Marquises une vingtaine de fois par an. C’est ce qui donne la spécificité de l’ambiance sur l’Aranui : la vie ensemble, entre touristes et marins.
Avant de suivre le périple proposé par ce cargo, je vous propose de vous inviter à bord.

J’avais déjà eu la chance de faire cette croisière il y a 9 ans, sur le précédent cargo, l’Aranui 3. Les propriétaires sont chinois, donc pas de chiffre 4, au cas où cela porterait malheur.
Ce nouveau cargo, en service depuis début 2016, est forcément plus moderne, plus grand, et aussi plus luxueux. Plus de passagers, et plus de cabines luxueuses. Plus de frêt aussi.
La croisière dure 13 jours, dont 7 aux Marquises. Tout est inclus quand vous réservez, la pension, les excursions… sauf les boissons du bar. Des conférences, des animations diverses et variées, des cours de danse et de nouage de paréos, des soirées à thème, sont prévus pour nous occuper à bord.
Bien sûr, plusieurs salons, pour les conférences, pour la lecture ; plusieurs ponts autour de la piscine ; plusieurs bars… il y a de la place.
Je vous montre tout ça.

Aranui
activité danse sur l'Aranui 5
Journée sur l'Aranui
Aranui
Aranui
l'Aranui
Aranui





Au-delà des photos, qui ne sont là que pour illustrer, j’ai envie de vous donner une idée de la vie sur le bateau, et de vous raconter comment se passe cette croisière atypique.

Réservations pour une croisière sur l’Aranui

  • il faut s’y prendre à l’avance, disons entre 1 an et 6 mois avant la date de la croisière que vous choisissez, et le type de cabine choisi. Peu de cabines standard, donc il faut réserver très à l’avance. Plus vous vous rapprochez de la cabine présidentielle, plus vous pouvez prendre votre temps. Les prix s’échelonnent, par personne, de 4000 à 10000 euros environ.
  • Il existe une manière un peu moins chère pour profiter de cette croisière : acheter une couchette dans un « dortoir ». Les dortoirs sont composés de 2×2 lits superposés, un peu genre train couchette, mais en plus grand. Un placard chacun, une salle d’eau à partager, un coin canapé, la télé. C’est la solution que nous avions choisie, nos 2 co-locataires furent adorables, on a bien rigolé, et ça coûte 2 fois moins cher que la cabine standard. Par contre, il faut réserver très très tôt.
  • enfin, si vous choisissez une date qui correspond au Festival des Marquises, en décembre de chaque année impaire, donc décembre 2017, il faut réserver très très vite maintenant.

La vie à bord de l’Aranui 5

C’est une vie facile : vous suivez le programme prévu annoncé chaque soir pour le lendemain, distribué et affiché partout.
Les journées sont denses, et bien occupées, entrecoupées par les 3 repas. Important les repas !
Repas gourmands, raffinés, utilisant les produits locaux aussi souvent que possible, on s’y régale. L’emplacement est libre à chaque repas (contrairement à certaines croisières où on vous attribue une table, et donc vos voisins… formule à éviter à tout prix), ce qui donne l’occasion de rencontrer de nombreux passagers, tous plus intéressants les uns que les autres.
La moitié des passagers est française, les autres se répartissent entre Nord-Américains, Canadiens, Allemands (nombreux), Suisses. Autant dire que cela fait une sacrée bonne ambiance sur l’Aranui !

Aranui


Grande innovation sur l’Aranui 5 : le service de lavage/séchage de vêtements est offert, 3 fois par voyage. Un vrai confort.
Dans toutes les cabines, y compris les dortoirs : ménage tous les jours, changement des draps et serviettes tous les 3 jours.
Une boutique bien fournie, un salon de massage à disposition (payant, faut pas rêver non plus)… et infirmière + médecin à bord en permanence.
Une carte magnétique est fournie à l’enregistrement, c’est celle qui va vous permettre de dépenser sans compter au bar et à la boutique… hum hum… vous avez compris que c’est pratique, mais un vrai danger aussi pour le porte-monnaie 😉
Vous pouvez, théoriquement, accéder à internet via un passage par la boutique. Délesté de quelques 30 euros environ, vous pourrez consulter vos mails. N’espérez pas plus…. En réalité, vous aurez facilement accès à un code wifi pour le prix d’un café, ou mieux d’un excellent jus de fruit frais, dans les bars des 3 îles principales visitées (Nuku Hiva, Ua Pou et Hiva Oa).
Enfin et surtout, un immense merci au personnel, aux marins, qui rendent la vie des passagers bien agréable sur ce cargo ! C’est ce qui fait tout le charme de l’ambiance sur l’Aranui.

Baie des Vierges

Baie des Vierges

« Ce soir, au coucher du soleil, c’est la baie qu’il faut regarder , pas le soleil ! »

Si je vous dis que, sur l’Aranui, on est vraiment guidé….

Et comme je suis une bonne élève, j’ai écouté, et …. voilà.

J’allais presque être déçue ou frustrée, quand le soleil est revenu, enfin.

Pascal avait raison, non ?

Cette magnifique Baie des Vierges se situe à l’ouest, à Fatu Hiva. Son nom officiel est la Baie de Hanavave.

Et si je vous disais pourquoi cette baie de Hanavave s’appelle « Baie des Vierges » ?

Selon Pascal, notre guide marquisien : « les missionnaires seraient passés par là, et devant le nom donné à cette baie, auraient décidé de rajouter une voyelle, qui n’est pas un e. » C’était ma rubrique : c’est comme si vous y étiez….

A bientôt pour la suite, pour une série : décors marquisiens.

Les matelots de l’Aranui, costauds et rassurants

Les matelots de l’Aranui, costauds et rassurants

J’en avais parlé. En voilà, quelques-uns au moins. Vous saurez tout des matelots de l’Aranui.

Leur tâche n°1, je répète, charger et surtout décharger le cargo.
Avec casque et chaussures de sécurité, toujours. Intéressants à observer : pas un mot, quelques signes rapidement interprétés, pas de gestes superflus, chacun à sa place comme dans une chorégraphie bien maîtrisée, il s’agit d’aller vite et d’être efficace.

Les grutiers de l’Aranui

Le roi des grutiers de l’Aranui, le voilà. Il s’appelle Mahalo.

Aux étapes importantes comme à Nuku Hiva ou Ua Pou, il peut passer la journée entière dans sa cage, jouant des manettes, sans une pause. Impressionnant.

Les matelots de l’Aranui

Deuxième tâche : aider les passagers à se déplacer hors du bateau. Si la mer est calme et l’abordage facile : la barge. Sinon : tous à la baleinière ! Reportage à suivre.

Si on n’a aucune opération de déchargement quelconque, ni de marchandises, ni de passagers, vous croyez qu’ils se reposent ? ben non. Et, entre nous, franchement, vous ne croyez pas qu’avec un pinceau plus large cela aurait été plus facile ?? laver le bateau avec un truc pareil…..

Enfin, retour sur la vedette, Mahalo. Pas un reportage sur l’Aranui ou les Marquises qui ne le montre, ou qui ne parle de lui. Même le Monde, dans son reportage sur l’Aranui (si vous êtes abonné) (si vous ne l’êtes pas, lire l’extrait qui le concerne ci-dessous), qui le fait parler, ou penser, on ne sait pas trop.

Avouez qu’en plus, il a de la gueule, non ? Parait même qu’il a la peau douce, c’est une copine qui me l’a dit 😉

Selon leur humeur, quelques marins sortiront alors guitare, ukulélé (guitare hawaïenne) et hue (maracas) pour faire danser les passagères. C’est l’heure propice aux rencontres et aux confidences. Comme beaucoup de Marquisiens, Mahalo Pahuatini n’est pas très loquace. Ce colosse au crâne rasé, au corps et au visage couverts de tatouages, s’exprime d’abord avec les yeux, un froncement de nez ou un mouvement du pli de la bouche.

Mais quelques bières plus tard, il vous décryptera peut-être son histoire, illustrée, comme dans un livre, avec ses tatouages. Le voyage sur une pirogue de ses ancêtres venus d’Hawaï en suivant la Croix du Sud. Son amertume et sa colère lors de la reprise des essais nucléaires à Mururoa. Les tikis qui le protègent et lui donnent sa force. La tortue, symbole du voyage et trait d’union entre les humains et les dieux. Il confiera son attachement à ses îles, plus fort que le chant de quelques sirènes, et dira pourquoi les Marquisiens surnomment leur archipel Enua Enata : « La terre des hommes » . extrait de L' »Aranui », messager des Marquises LE MONDE | 24.08.05 | 15h12

A bientôt la suite : le « transbordement des passagers« .

Bon week-end à tous. Portez-vous bien.

Cargo pour les Marquises

Cargo pour les Marquises

Que ça se sache, l’Aranui, cargo pour les Marquises, c’est d’abord un cargo qui approvisionne les Marquises. La rotation est d’environ 3 semaines, autant dire que le bateau est attendu avec impatience dans les 6 îles desservies, et alors l’animation règne sur les quais.

Donc, les escales, les temps de déchargements et de rechargements sont absolument prioritaires. Les livraisons d’abord, les touristes après, voilà la règle.

Si on est à quai, 3 fois seulement, c’est relativement « facile ». Les 2 grues sont alors à l’œuvre.
Si on n’est pas à quai, ça se complique un peu, surtout pour les marins ! Alors, tout le transbordement a lieu à bord de la barge et des 2 baleinières. Et les marins déballent quasiment tout « à la main ».

Vous voulez savoir ce que j’en pense ? ces marins, ce sont de vrais artistes, d’une dextérité absolue. (voilà, les marins costauds, c’est pour bientôt…., mais il faut bien que je vous montre pourquoi ils sont costauds….)

Les produits transportés ?

A l’aller, tout. Je dis bien tout. Des véhicules, aux surgelés, bière, alimentaire, matériaux de construction, meubles, gas-oil (l’Aranui fait aussi « super-tanker » avec une part de ses soutes destinée spécialement aux carburants), etc etc. Il n’y a que des animaux vivants que je n’ai pas vus…..

Un de nos amis avait commandé une fontaine à eau. Il a passé la journée à attendre, chercher le bon conteneur, parlementer. Son épouse avait passé commande par une filière habituelle de « son marché », pour compléter ce qu’elle ne trouve pas chez le « chinois » local..
Je suppose que le Père Noël avait dû confier sa hôte aussi à l’équipage de l’Aranui, au cas où il aurait un sous-traitant sur place !

Pendant les escales, chargements pour la consommation des passagers et marins de l’Aranui aussi !

Au retour, des fruits et légumes, du poisson local, du coprah, du matériel à faire réparer à Tahiti, et des colis à livrer aux amis des escales retour. Disons qu’on rentre presqu’à vide, et le bateau relève légèrement le nez sur la route retour….

A l’arrivée à Papeete, les familles attendent, et se bousculent….

Rendez-vous pour la suite : les marins !

Portez-vous bien.