Quand mes grands-parents, arrivés à Marseille en 1961, ont été logés à Ste Marthe, dans les quartiers nord.
Dans une commune de la périphérie marseillaise, je suppose qu’ils étaient satisfaits d’obtenir un logement à un prix correct. Depuis, ce quartier a perdu son identité, ou du moins s’est fondu dans un terme flou mais lourd de sens : les Quartiers Nord. Même pas besoin de préciser qu’il s’agit de Marseille quand on évoque les quartiers Nord. Un F3, dans un HLM. Quelques immeubles, une tour, encerclés par des villas et des platanes. Des petits commerces. Et une grande solidarité. Les voisins se dépannaient ou même se « fréquentaient ». J’y suis allée souvent. Gamine, avec mes cousins, nous nous promenions. Il y avait des champs, ou terrains vagues sûrement, mais mon grand-père nous avait appris à y repérer les herbes et graines que ses oiseaux, en cage sur les balcons, apprécieraient.
Et puis, il y a eu de plus en plus d’immeubles, de plus en plus de tours, de moins en moins d’herbe pour les oiseaux.
Pourtant, les appartements ont été refaits, les entrées d’immeubles sécurisées, les pelouses replantées, quelques arbres sauvegardés. Mais, plus d’âme de village, chaque voisin suspectant l' »autre » d’avoir craché, d’avoir fait du bruit, d’avoir cassé les sonnettes ou autres boites aux lettres.
Quand ils sont décédés, en 96, on ne parlait plus de Ste Marthe, mais des quartiers Nord. Cela changeait tout. A quel moment a eu lieu la cassure ? faute à l’architecture ? faute à l’entassement ? faute au chômage et au désœuvrement ? à la combinazione ? qui le dira ? Et, surtout, qui trouve le remède ? cela devient urgent.
Edit 2015 : ça ne s’est pas arrangé à Marseille. Que fait la police ? les gangs s’entretuent. Et pourtant, que j’aime cette ville ! l’urgence sait se faire attendre…
« Façonnée par les torrents, encaissée entre le Marau, le Diadème et l’Aorai, la vallée de la Fautaua offre une végétation variée et de riches souvenir historiques. Elle fut habitat pré-européen, bastion de résidence au protectorat français, excursion pour Pierre Loti en 1872, cantonnement militaire et station expérimentale de culture. »
La marche est très agréable sur la route de terre bordée de manguiers, de bancouliers et entourée d’une profusion de bananiers, opuhi et ‘ape. […] … on voit la rivière qui « comme une gerbe argentée, se précipite dans le vide », ainsi que la décrit Pierre Loti. »
Ces feuilles rouges, pourtant jolies, ne sont pas les bienvenues en Polynésie. Ces arbustes lianes sont des miconias, qui envahissent tout, et on leur reproche surtout d’étouffer la flore locale.
Les opuhi sont des fleurs rouges ou roses, à longue tige, que l’on trouve en France dans la composition de bouquets exotiques. Elles sont très courantes dans la « campagne » et on en trouve facilement au marché…
Cette vallée de la Fautaua, si proche de Papeete, est un lieu de promenade très fréquenté. La première partie est presque plate, les familles aiment s’y promener pour prendre le frais. Mais très vite arrivent le chemin plus pentu et les passages à gué, et les randonneurs plus avertis se régalent. D’autant plus qu’alors ils ont accès à des baignades, des cascades…
Puisque je travaille (avec bonheur) au lycée hôtelier de Tahiti, appelé localement le LHT, j’ai eu la chance de participer à une soirée gastronomique, vantant les produits de Polynésie.
Comme dans n’importe lequel des lycées hôteliers de France et de Navarre, des élèves et étudiants s’exercent et offrent tout leur savoir-faire aux gourmands et gourmets, qui savent apprécier traditions ou nouveautés, repas à thèmes ou cartes élaborées. Ils sont disponibles et professionnels, à l’accueil, au service des mets et des vins, et en cuisine bien sûr.
Si votre route croise un lycée hôtelier, n’hésitez-pas à vous arrêter, pour un repas ou une nuit, ils ont les meilleurs rapports qualité-prix (hors vacances scolaires).
Revenons-en à notre soirée du 30 septembre. 160 convives, présents pour un dîner du terroir, dans le cadre de la semaine international du tourisme. Tout sera fait pour nous surprendre. A vous de juger.
Accueil chaleureux.. Cocktail.. Champagne
A table ! Jolies serveuses-étudiantes, en robes traditionnelles et fleurs de tiare nous attendent, c’est superbe.
« Petite salade de kororis, pulpe de coco frais, oignon et citron vert ». Déliceux, fin, une vraie découverte. Le korori est le muscle de l’huître perlière. Un peu proche de la coquille St Jacques, à peine plus ferme. Met rare à ce que j’en ai compris.
« Déclinaison autour du thon », et « Mahi-mahi vanillé cuit moelleux, saveurs du Fa’apu ». Que dire ? que ce fut un régal ? vous le deviniez déjà, j’en suis sûre. Le mahi-mahi : un poisson proche de la daurade, pêché localement. Le fa’apu, c’est le jardin potager.. Tous les plats ci-dessus furent accompagnés d’un Riesling AOC – Alsace.
« Porcelet laqué au miel de Huahine, mape et mautini confits ». Le mape est une sorte de châtaigne, le mautini une sorte de courge. Servi avec un Bandol – Mas de la Rouvière.
« Croustillant à la banane et citron vert », servi avec un champagne Perrier Jouet. Comment dire le croustillant brillant et à peine vanillé, la crème légère et citronnée juste ce qu’il faut, la fraicheur des fruits frais et de la menthe ? je vous laisse deviner.
Les titres des plats sont ceux qui figuraient sur le menu. A suivre : j’ai encore beaucoup à apprendre sur les fruits et légumes locaux, les poissons aussi, je ne suis là que depuis 2 mois, patience, patience.
Message à un lecteur assidu : tu comprends peut-être mieux pourquoi je danse aussi, il n’y pas que les tane comme explication…..
Les ananas de Moorea sont les meilleurs du Monde. Proches des ananas Victoria connus en métropole, ils sont essentiellement cultivés à Moorea. Ils suffisent à peine à la consommation locale, donc ne sont pas exportés.
champ d’ananas à Moorea
Ils sont d’une saveur exceptionnelle, évidemment.
Les ananas sont vendus par lots, ici de 7. Mille Francs Pacifiques le lot, soit 8.3 euros. Quelques fois moins.
En pratique : choisir un lot « panaché », c’est-à-dire prévoir des maturités progressives, pour les déguster tout le long de la semaine. Un paquet par semaine, voilà ce que nous avons consommé à deux, en nous régalant.
[J’ai écrit quelque part, dans une note précédente, que j’allais m’intéresser de près à la danse tahitienne. Voilà un petit résumé de mes débuts.]
Tout a commencé par un coup de fil. – « …. et quelle tenue prévoir ? » j’ose timidement. – « et bien, un T-shirt et un paréo, bien sûr ». Y’a des évidences, j’ vous jure….
Première séance de danse tahitienne
Arrive le premier cours, j’avais mon t-shirt sans manche, et un beau paréo tout fleuri. Restait encore à l’attacher, que çà tienne bien une fois sur les hanches, etc, j’ai fait comme j’ai pu (après avoir bien regardé les autres quand même). J’étais la seule à fleurs….
Et la musique a démarré. Au bout de 5mn, c’était comme si j’étais dans un sauna, mais les autres aussi. Donc rassurée. Et j’ai passé une heure et demie à « tortiller », plier les jambes, bouger les pieds et les hanches en rythme, en balançant de droite à gauche, en tournant, pas bouger les épaules, sortir la poitrine, sourire, avancer, reculer, etc. Avec un fou rire permanent à contenir, je vous jure que c’était pas facile !!!!! Je me disais – heureusement que personne ne me voit – ou – que c’est bon de ne pas se prendre au sérieux !
Cela s’est quand même un peu gâté quand elle a demandé à mi-parcours, quand on dégoulinait bien, mais qu’on n’avait plus aucune résistance non plus, de relever les T-shirts, pour mettre en évidence nos « abdominaux ». Là on a distingué de suite celles qui ne portaient que des maillots une pièce des autres : on a trié entre ventres blancs et bronzés ! Et on avait une de ces allures avec nos t-shirts coincés comme on pouvait dans les soutiens-gorge, et les paréos tirebouchonnés de manières très personnelles. Je vous laisse imaginer à quoi on ressemblait, parce qu’impossible de prendre des photos dans ces moments-là. Toutes ces femmes, cheveux blancs ou pas, ventres à l’air rebondissants ou pas, les paréos et t-shirts en vadrouille, et les joues bien rouges, çà méritait que j’y sois…. Et j’en ris encore.
Deuxième séance de danse tahitienne
La deuxième séance, je suis arrivée avec un paréo uni bleu (parce que beaucoup en avaient déjà un rouge), et j’ai amené eau et serviette. La prof compréhensive nous a enfin appris à nouer notre paréo convenablement, et c’était déjà plus élégant. Et on a re-tortillé pendant notre heure et ½. Échauffement d’une ½ heure, plus apprentissage de pas spécifiques, puis chorégraphie, une fleur à la main. Tout comme les pros. Enfin, presque.
C’est toujours aussi drôle, c’est comme en 6°, n’est-ce pas ? quand le prof explique les pas d’abord, puis on accélère, etc. Il y a celles qui confondent la droite et la gauche, celles qui s’installent en 3 lignes informes quand le prof demande d’être alignées en 2 lignes, etc, mais que c’est bon aussi de faire n’importe quoi quand on vieillit !!!!
La fin du cours arrive. Et la prof de dire : « la prochaine fois, çà serait bien que vous ayez toutes un paréo rouge, parce que vous comprenez, bientôt on filmera, pour faire une vidéo, et ce sera plus joli ». Là, j’ai moins ri. Passe pour le paréo, j’ai plus qu’à retourner à Carrefour en chercher un de plus. Mais le film…. Je vais commencer par l’autobronzant pour limiter les dégâts immédiats, pour le reste…..
J’ai pas demandé s’il fallait aussi des longs cheveux noirs superbes comme les Tahitiennes….
Je suis Annie, j'habite en Aquitaine et mon cœur reste à Tahiti.
Je cuisine, je voyage, voilà mes occupations principales, et je partage mes expériences ici avec vous.
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