Alors il est temps de vous livrer mes impressions calédoniennes, même rapides. La Nouvelle-Calédonie, en 13 jours, c’est une gageure que d’espérer en avoir autre chose qu’une image superficielle. Même si nous avions un excellent hôte sur place.
Que peut-on garder en mémoire ?
Des impressions, des ressentis.
Je l’avais souligné dans l’intro, je crois bien que ce qui m’a marquée, c’est la diversité. De tout : des paysages, des populations. Nouméa et le reste. Le Sud et le Nord. La Grande Terre et les îles. Le vert et le rouge. Le bleu et l’ocre. Les côtes et la chaîne. Les Caldoches, les Kanaks, et les autres.
En réalité, il s’agit plus de cohabitation entre les différentes populations que de mixité. Tahiti nous avait habitués à davantage d’interculturalité et de métissage. J’ai bien l’impression qu’en Nouvelle Calédonie, c’est moins le cas. Les provinces Sud (à dominante caldoche) et Nord (kanak) en sont le témoignage.
Et puis une meilleure connaissance aussi.
Parce que voyager, c’est aussi lire, se documenter avant le voyage.
On lit, et on imagine des décors, des situations. On défriche, en croyant qu’on sera préparé, dès qu’on descend de l’avion.
Connaître l’histoire sacrément compliquée de ce territoire, ce n’est pas facile. Comment imaginer à quel point Kanaks et Caldoches revendiquent la légitimité à habiter sur « leur » terre ?
Parce que voyager, c’est aussi observer, rencontrer, situer, apprendre, confronter.
On a circulé, du sud au nord, et longé les côtes est et ouest (en grandes parties). Ma conclusion : ce n’est pas facile de rencontrer les kanaks, en ne passant que quelques jours en Nouvelle Calédonie.
Palétuviers de Pouembout
Sans vouloir tomber dans la caricature, nous nous sommes perdus plusieurs fois, alors que nous circulions dans la province Nord. Parce que seules les tribus sont indiquées ! pas d’indications de « villes », de directions, de numéros de route…
robes calédoniennes
Leitmotiv, écrit dans les guides, et brochures des offices de tourismes : c’est au touriste de s’adapter, de faire un effort, de comprendre !
Pourquoi pas ? mais difficile, sauf à être sociologue, ethnologue… J’avais eu le même sentiment dans les territoires des Aborigènes australiens.
Je peux comprendre leur volonté à maintenir et protéger leurs modes de vie, si spécifiques. Cependant : où placer le curseur, entre risque de sclérose et d’invasion par la culture dominante ? Je n’en sais rien, on s’en doute. Mais on sent bien ce tiraillement, entre poids des traditions (des hommes, des chefs) et envie de vie plus moderne (des femmes, des jeunes).
Le Nickel, c’est l’emploi assuré pour quelques décennies, environ 2 000 emplois directs, entre les 2 usines supplémentaires prévues (une dans le nord à Koniambo, une dans le sud à Goro). Des devises, parce que le nickel et les autres minerais, ça s’exporte très bien…. What else ???
Le nickel, cela sert dans la fabrication d’alliages, c’est ce qui fait que l’acier devient inoxydable par exemple. Pour plus d’infos techniques, l’incontournable Wiki.
Le minerai s’exploite à ciel ouvert, ce qui bien sûr modifie et modifiera la physionomie de la Nouvelle Calédonie.
On rabiote les montagnes (de la « chaîne » le plus souvent). Pourquoi pas ? là est la richesse du nickel. Mais il est difficile de ne pas se demander à quoi ces montagnes ressembleront dans quelques dizaines d’années.
On fait le tour de la Calédonie maintenant ? vous me suivez pour un petit tour calédonien ?
Nouméa. De nombreuses criques, et anses. Du vent. Donc des voiles diverses et variées, planches à voile, dériveurs, kite-surf. Et des plages bien équipées.
Le Sud. Plus sauvage. Et surtout d’autres couleurs, qui ne donnent pas vraiment envie de faire trempette. Mais en bateau, l’endroit est tentant, surtout à cause des nombreux îlots (au sable blanc, la nature fait vraiment bien les choses) entre la côte et le récif.
On remonte par la côte ouest ?
Des plages, des curiosités naturelles. Et aussi les traces des dégâts de la semaine précédant notre séjour. Il faut dire qu’il y a beaucoup de rivières en Nouvelle Calédonie, et donc très vite les plages se recouvrent de tout ce que la nature rejette, et quelques fois, pas que la nature, mais ça… 🙁
A l’Est.
Enfin, l’occasion d’aller voir le lagon de plus près, en s’approchant du récif. Les plus beaux coraux que j’ai vus depuis que je vais y regarder (d’accord, c’est pas depuis très longtemps !), de toutes les couleurs. Une grande expérience.
A Lifou.
Des belles plages à l’ouest de l’île.
Et de belles falaises au nord, qui donnent accès (en faisant un peu de grimpette acrobatique quand même) à ces fonds cristallins…. Ou alors, faut un bateau !
L’île des Pins ?
Des plages, surtout celles des anses de Kanumera et de Kuto.
Et bien sûr, la fameuse piscine, dans la baie d’Oro.
Cet endroit-là est extraordinaire. Un dédale d’eau, d’îlots, et au milieu une « piscine » naturelle. Les couleurs changent avec la lumière du jour, les poissons se plaisent dans cette eau renouvelée et presque fraiche parce que le récif est tout près, la présence des pins donne l’impression de gorges à certains endroits. Lieu Magique.
Pour plus d’information, et mieux que ce que je pourrais vous décrire, un site sur l’île des Pins fort bien documenté.
A bientôt pour de nouvelles aventures en Nouvelle-Calédonie, je ne sais pas sur quoi, ni quand. L’inspiration reviendra c’est sûr…
Après l’introduction et l’architecture, place au sentier kanak, une belle promenade, géographiquement autour des bâtiments principaux (voir le plan dans l’article « architecture »). Surtout, ce sentier kanak constitue une vraie initiation à la culture kanak.
Ce chemin serpente sur une petite presqu’île, et il est fort agréable (prévoir environ une heure).
Présentation du sentier kanak
Voici la présentation qu’en fait la brochure distribuée à l’entrée du Centre Culturel :
» … Parcours végétal initiatique évoquant le mythe fondateur du premier homme, Téâ Kanaké, en 5 étapes : l’origine des êtres ; la terre nourricière ; la terre des ancêtres ; le pays des esprits et la renaissance ».
Le sentier kanak peut se parcourir grâce à un audio-guide, et il est balisé par des « étapes », avec sculptures ou plantations, de manière à respecter les 5 étapes mentionnées ci-dessus.
Ah…. ces « chiffons » !!! non, ce n’en sont pas. Ils symbolisent là les « manous« , et la tradition de la coutume.
Les « manous », ou chiffons, pour symboliser la coutume kanak
« Faire la coutume », voilà bien une tradition mélanésienne, bien ancrée, non seulement selon nos lectures, mais selon ce qu’on nous a dit. La coutume, ou geste coutumier, cela consiste « en dons et contre-dons qui accompagnent l’échange de paroles », lors de cérémonies (mariages, deuils).
Par exemple, pour ce qui concerne les « non-kanak » : « le visiteur étranger est invité à faire preuve de ce respect lorsqu’il se rend en milieu traditionnel. Il est d’usage, lorsque l’on va dans une tribu [..] d’annoncer sa visite aux autorités coutumières. »
Il convient alors d’offrir un présent au chef : paquet de cigarettes et ou billet de 500 (ou mieux 1000) CFP, enroulés dans un manou (coupon de tissu, de genre paréo).
Ainsi, ce qui pend dans les arbres ci-dessus, ce ne sont que les preuves des manous reçus. C’est vrai qu’on en a vus, des vrais, à l’entrée des maisons, en bord de route, ce n’est pas du folklore. Les musées de Nouméa en montrent aussi, des plus anciens bien sûr. On y reviendra, même si je suis loin d’en être une spécialiste.
La culture kanak me semble bien difficile à appréhender, surtout en 2 semaines en terre calédonienne. Et ce d’autant plus que j’ai la ferme impression que le peuple kanak n’a pas forcément envie non plus d' »ouvrir » la compréhension de leurs traditions et coutumes aux non-kanak.
Kanaks et Mélanésiens
Quelques similitudes, même lointaines, avec les Polynésiens. Par exemple, kanak veut dire homme. En tahitien un homme c’est un tane. Et à Hawaii, les t sont remplacés par des k. Vous me suivez… ???
Mais c’est surtout aux aborigènes croisés en Australie que j’ai pensé, dans mon séjour de quelques jours en terre kanak. Normal, Aborigènes australiens et Kanaks sont des mélanésiens.
Vaste territoire que ce « Pacifique »… passionnant, passionnant.
A bientôt, pour les plages et les coraux, pour changer un peu ?
Comment passer quelques heures à Nouméa (nous y avons passé une journée et demie) sans visiter ce centre culturel, intéressant pour plein de différentes raisons ?
Situé à l’extérieur de Nouméa, sur la presqu’île de Tina, à l’endroit même où JM Tjibaou avait organisé en 1975 le festival Mélanésia 2000, le lieu est vaste, entouré d’eau, et composé de 3 zones bien distinctes.
L’hommage à JM Tjibaou
Jean-Marie est le héros kanak de l’histoire récente calédonienne. Il fut le négociateur non violent de la réconciliation entre kanaks et caldoches. « Icône de la réconciliation entre Caldoches et Kanak, suite à la célèbre poignée de main qu’il donna à son ennemi juré Jacques Lafleur, Jean-Marie Tjibaou est aujourd’hui salué par toute la classe politique française et calédonienne. » (France Culture).
Le centre culturel
Commençons par le bâtiment central, et son architecture hors du commun, et due au talent de Renzo Piano, « synthèse réussie de la tradition mélanésienne et des techniques et des styles les plus contemporains » (guide Évasion).
Aujourd’hui, visite du bâtiment principal, dont la silhouette est si reconnaissable. Le centre culturel JM Tjibaou a été inauguré en 1998, après 3 ans de travaux, il est le prolongement des accords de Matignon (1988). Enfin était reconnue la culture Kanak, traditionnelle et contemporaine.
Il s’agit de 10 cases, en bois d’Iroko, et la plus haute culmine à 28 mètres. Ces cases abritent des salles rondes, et sont reliées entre elles par « une allée courbe évoquant l’allée centrale spécifique à l’habitat traditionnel kanak ».
A l’intérieur des cases, des salles d’exposition sur l’art et les traditions kanak, une salle dédiée à la personnalité de Tjibaou, une médiathèque, et bien sûr boutique et cafétéria.
Sources : le guide Évasion (Hachette), la brochure du centre culturel Tjibaou.
Pour en savoir plus (liste non exhaustive, mais j’essaie de varier les sources) :
Je suis Annie, j'habite en Aquitaine et mon cœur reste à Tahiti.
Je cuisine, je voyage, voilà mes occupations principales, et je partage mes expériences ici avec vous.
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