Oui, je vous dis tout sur les perles de Tahiti, autrefois appelées perles noires.
Elles sont d’autant plus réputées maintenant qu’elles sont vraiment multicolores, et magnifiques.

Il y a toujours cette ambiguïté à dénommer Tahiti et ses îles, on devrait même dire Tahiti et ses archipels. Polynésie française, c’est la dénomination administrative. Bref…

Donc, on n’élève pas les huîtres perlières dans le lagon de l’île de Tahiti, mais majoritairement aux Tuamotu, aux Gambiers, et un peu à Tahaa. Les autres sites sont plus que confidentiels.

Si vous avez acheté des perles, ou souhaitez en acheter, fêtes obligent, il est temps que je vous explique d’où elles viennent, comment elles sont “fabriquées”, ou pourquoi elles valent si cher….

Lieux de production des perles de Tahiti

Les Gambiers sont le grand lieu de production de nacres et de perles.

Les tâches sombres, ce sont des “patates”, c’est-à-dire des blocs de coraux, refuges des petits poissons de toutes sortes, mais surtout colorés !

Robert WAN y possède une île, Aukena, et une grande partie de ses fermes perlières. Il y élève des nacres (huîtres qui serviront à y cultiver les perles) jusqu’à ce qu’elles atteignent 8 à 10 cm.

Tuamotu et autres

La culture des huîtres perlières exige une eau absolument claire.
Ainsi, presque chaque atoll des Tuamotu produit des perles de qualité.
Pendant la période où le cours de la perle était élevé, beaucoup de familles se sont lancées dans la culture, pour peu qu’elles disposent d’un accès à l’eau.
Depuis une dizaine d’années, le cours a chuté, beaucoup de fermes perlières ont été abandonnées.

Technique de culture des perles

L’élevage des huîtres

Les huîtres sont ensachées dans des filets, séjournent dans le lagon, et après un temps choisi par le perliculteur, sont remontées pour y être “travaillées” à différentes périodes.

Elles ne peuvent rester hors de l’eau qu’entre 20 et 30 mn, alors dans ce laps de temps tous les gestes sont comptés et il s’agit d’aller vite.

Une vraie “usine”, où chacun connait parfaitement les gestes qui permettent d’être efficaces….Sur cette plate-forme, appelée ferme perlière, les huîtres sont sorties des filets, on les maintient entr’ouvertes en y introduisant un taquet. Elles sont rapidement amenées aux greffeurs.

En réalité, le greffeur que j’ai vu opérer réalisait 2 tâches, à une vitesse à peine croyable, compte tenu de la très faible ouverture des huîtres !

– la récupération de la perle,

– et l’introduction d’un nucleus, pour reformer une nouvelle perle. Le nucleus est en nacre. Le choix de ce nucleus est important, sa taille (identique à celle de la perle sortie) conditionne la qualité de la prochaine perle. Et, pour faire court, plus la matrice de l’huître semble être une bonne reproductrice, plus le nucleus introduit est gros.

L’ouverture de l’huître est minimale pour ne pas trop la blesser, ces greffeurs sont de vrais chirurgiens ! On le voit sur cette photo, notre ami a déjà récupéré la perle, et introduit un nouveau nucleus.

Pour résumer, pour avoir des perles de Tahiti, il faut :

– des eaux claires à bonne température et des huîtres perlières,
– un bon greffeur, surtout le premier, celui qui va choisir la couleur à donner à la perle – là, je vous expliquerai une autre fois 😉
– des nucleus de bonne taille
– une bonne surveillance des nacres

Dans la boite à gauche, on voit bien les nucleus de tailles différentes qui attendent d’être “portés” et les résultats : les perles sont déjà pré-triées.

Il reste à refermer les huîtres, les re-ranger dans leur filets, les remettre à l’eau, elles ne seront ressorties que pour la prochaine récolte.

Rien ne se perd…

Et les huîtres qui ont fini leur période de reproduction, me direz-vous ?

Sur la photo ci-dessus :
– en haut : les nacres. On les envoyait en Chine pour être transformées en boutons, en accessoires de déco en tous genres. Actuellement, des entrepreneurs les transforment, les gravent, en font des bijoux ou de la poudre de nacre. Mes “transformeurs” préférés : Prokop, des artistes de talent.
– dans le bac à gauche : les perles récupérées, qui seront triées par la suite
– à droite, dans le saut : le korori. C’est un muscle de l’huître, qui se vend (cher) au marché. Cru, en lamelles, avec citron, ail, huile d’olive, c’est fameux.
– en vrac : la chair des huîtres, ou ce qu’il en reste. C’est pour les cochons….

Au final

Si j’en ai acheté ? ben …… oui, beaucoup 😉

Pour un complément d’informations nettement plus scientifiques et documentées, vous pouvez visiter le site Futura-Sciences