île de Pâques – Rapa Nui – et le tourisme

Quand je lis ce titre de Courrier International « la police évacue un hôtel sur l’île de Pâques », je suis forcément triste. Et j’ai surtout envie d’en savoir un peu plus : j’apprends qu’un groupe d’habitants revendique les terres sur lesquelles est construit ce complexe hôtelier. Bien sûr, je ne vais pas prendre parti, ni chercher à savoir qui a raison ou tort. J’ai eu la chance de passer 4 jours sur l’Île de Pâques, étape entre Tahiti et Santiago du Chili, 4 jours hors du temps. La chance aussi d’être logée dans une pension où l’hôtesse d’accueil fut notre guide préféré, nous faisant partager sa passion pour cette île et son histoire. Les questions récurrentes sur cette île, et de la même manière sur d’autres, sont toujours : les Pascuans peuvent-ils disposer de leur terre librement ? les Chiliens sont-ils des colonisateurs ? le tourisme va-t-il nous faire perdre notre culture ? etc etc… je ne vous apprends rien. Mais quand même. Sans être une spécialiste, j’ai aussi quelques questions récurrentes, au fur et à mesure que je voyage : – si certains endroits isolés, comme toutes les îles du Pacifique par exemple, n’acceptent pas les touristes, les habitants vivent de quoi ? – qui, de ces habitants, va renoncer aux soins et à l’enseignement, en cas d’isolement ? Le nombre de touristes à Rapa Nui a fortement augmenté ces dernières années, au point que les autorités locales aient décidé d’instaurer un quota annuel. Les hôtels ont été construits. Des jeunes voulant rester au pays ont imaginé et créé leur pension, investi. Notre guide Lili, d’origine française mariée à un « pur Pascuan », avait beaucoup insisté sur le fait que son époux était le dernier descendant direct de la principale famille pascuane. On en avait donc conclu que la population locale était principalement métissée. Alors…. la revendication des terres…. il y a quelque chose qui m’échappe dans une vision à long terme de la survie de l’île. Ce complexe hôtelier m’a semblé pourtant essayer de garantir le respect de l’environnement. Comment comprendre ? comment ne pas juger ? Vastes questions. Lire l’article de Courrier International : La police évacue un hôtel de l’Ile de Pâques Retrouver quelques souvenirs personnels sur mon séjour à l’Île de Pâques http://www.scribd.com/doc/36314097/Brochure-French-Hangaroa-Eco-Village-amp-Spa

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3 réflexions sur “île de Pâques – Rapa Nui – et le tourisme

  1. Je ne sais pas si j’ai bien compris votre article, mais je crois que la revendication des terres est légitime, les rapa nuis ne sont pas contre le tourisme, mais contre l’exploitation des terres par des entités étrangères, et surtout, de l’absence de négociation ou de parole avec ceux ci. Justement, la plupart, sur les terres qu’ils détiennent, y construisent, comme vous le dites, des pensions et des hôtels, peut être ne sont ils par performants comme le veulent les grandes chaînes d’hôtellerie, peut être peux t on les améliorer. Mais de tout ce qui concerne les constructions pérenne de l’île, qui a un impact sur leur bien terrestre, leur avis doit être pris en considération. A moins que ne soit fait cette construction en accord avec ceux possédant les terres (sous entendu, originaire de l’île).
    Je tiens à replacer le contexte sur certains points:
    – le quota annuel a été aussi choisi délibérément par le conseil des anciens pour éviter un surpeuplement de l’île et qui est fait à l’adresse des chiliens souhaitant résider sur l’île, et il me semble moins des touristes. La régulation des touristes se fait par le nombre de place qu’ils peuvent avoir dans les pensions.
    – comme le dit si bien Lili, son mari était le « dernier descendant direct de la famille royale », non seulement, il a des frères et soeurs, mais en plus, tout le monde ne faisait pas parti de la royauté parmi les pascuans, il y avait aussi les plus petits (les rois sont français mais les sujets aussi). Certes, il y a énormément de métissage, mais heureusement qu’il y en a, comment une population peut survivre si elle ne se mélange pas? La consanguinité amène un probabilité forte de désagréments. Et par le métissage, cela ouvre à d’autre voie en dehors de l’île pour la gérer.
    – la population métissé à le droit tout autant, par leur côté « pur rapa nui », à leurs terres, transmises par leurs aînés.

    Plus que de l’environnement (dont la meilleur contreindication serai l’arrivée massive de touristes) dans la construction de cet hôtel, c’est le principe même de sacralité des terres qui est touché, et notamment par le rapport ancien qu’entretiennent les pascuans avec les chiliens (quelque peu conflictuel). Si cet hôtel avait été construit sur des terres appartenant à des personnes originaire de l’île qui auraient été d’accord, il n’y aurait pas eu de problèmes. Or cet hôtel à été construit sur des terres détenues par des personnes étrangères de l’ile.

    Le seul hic de cette affaire me semble t il, bien que l’idée d’un hôtel « durable » est bonne, c’est qu’ il n’y a pas eu de dialogue avec la population locale qui a dû se sentir hors du projet. La manifestation de leur désaccord a entraîné des heurts avec l’autorité chilienne, encore plus difficile à résoudre. Mais s’ouvre alors les portes des grands hotels, la disparition des petites pensions… soit l’éradication d’un des charmes de l’île, et, oui les rapanuis vivent du tourisme, mais les flux touristiques deviennent de plus en plus grands, l’île saurait elle y tenir?

    • Dans le cas de l’Île de Pâques, et de quelques autres qui sont si petites, les problèmes sont complexes, entre velléités de maîtriser leur destin sans aide extérieure, et dépendance extérieure.
      La notion de « race pure », « descendant direct » me gêne toujours, c’est un fait.
      Enfin, il faut le savoir : la piste d’atterrissage est entièrement financée par les Etats-Unis, puisqu’elle sert de piste de secours pour la navette spatiale, quand elle était encore en service. Est-ce que cela a choqué quelqu’un ? dans ce cas, les montants annuels étaient bien supérieurs à ce que peut rapporter un hôtel….

      Je ne défends aucune thèse, je me contente de poser des questions, après avoir vécu en Polynésie, et après avoir visité nombre d’îles, indépendantes ou non.
      Les questions de base, me semble-t-il, sont : quel est le prix à payer pour défendre la terre des ancêtres ? suis-je prêt à renoncer à la santé, l’instruction, la justice, les routes, etc… toutes les infrastructures publiques pour défendre la mémoire des ancêtres ? comment faire concilier histoire et modernisme ?

      Pour l’avoir vu, les jeunes veulent leur téléphone, internet, tout le progrès, et tous veulent être soignés dans l’heure. Comment le financer ? Il ne s’agit que de choix. Qui ne satisfont pas tout le monde forcément.

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