A côté du site de Tongariki, à flanc de volcan, se trouve le lieu principal où se sculptaient les moai : la carrière Rano Raraku.

Quand on arrive au parking en contre-bas de ce volcan (on peut accéder aussi au cratère, dont on parlera une autre fois, parce qu’il est magnifique), on ne peut être qu’impressionné : une montagne pelée, et des dizaines et des dizaines de moai, entourés de quelques vaches ou chevaux qui paissent là tranquillement.

Imaginez.

On est là dans la fabrique de moai ; et pour diverses raisons, toute l’activité s’est arrêtée, d’un coup (ou presque). On trouve donc ici des moai, à tous les stades de la fabrication. Certains ne sont que des ébauches, d’autres sont prêts à être livrés.

La plupart de ces moai sont dressés, seuls la tête ou le buste dépassent du sol. D’autres sont couchés, comme cette tête encore si proche de la cavité dans laquelle elle a été façonnée.

Un sentier aménagé permet de circuler au milieu de tous ces moai, dont le regard semble fixer loin l’horizon.

Le plus grand de ces moai mesure 21 mètres, les autres sont moins grands (forcément), cela dépend de leur état d’enfouissement aussi. Pour vous donner une idée, une photo qui vous permette de vous rendre compte de leur grande taille.

La taille des oreilles des moai a beaucoup intrigué les observateurs, qui les ont qualifiées de “longues”. En réalité, si vous les observez bien, le point le plus haut de ces oreilles correspond à la tempe, le point le plus bas à la base du nez…. Vérifiez avec les vôtres, vous saurez si vous avez de “longues oreilles” !!!!

Autre interrogation : les chercheurs qui se succèdent ne sont pas tous d’accord sur les techniques employées pour déplacer ces moai.

Imaginez encore.

Ces moai pèsent des dizaines de tonnes, étaient sculptés “couchés” à même la roche dont ils sont extraits, et le mystère de leur déplacement reste entier. Certains pensent qu’ils étaient transportés couchés jusqu’à leur destination finale. D’autres ont essayé de prouver qu’il était techniquement possible de les faire “voyager” debout (et beaucoup de spécialistes restent sceptiques, sachant que les moai sont fabriqués d’une seule pièce, et qu’il valait mieux pour la santé du sculpteur et des transporteurs qu’ils arrivent entiers sur leur ahu).

Et puis, brutalement, vers la fin du 18° siècle, la production a cessé, et les moai érigés sur leurs ahu ont été mis à terre (pour autant que les chercheurs aient pu reconstituer les faits). Plusieurs explications co-existent :

– des guerres fratricides entre les tribus, et la disparition des sculpteurs
– la “révolution” du “petit peuple”, et particulièrement l’amertume envers les Dieux pas très reconnaissants (quelques famines ont eu lieu à cette période)
– la diminution des ressources naturelles, et du bois en particulier

Les moai visibles actuellement, en particulier à Anakena et Tongariki ont été restaurés, et tant reste à faire. Cela explique que des moai manquent, soient cassés, ou que leur pukao* ait disparu. Par exemple, le site de Tongariki a été restauré grâce à des fonds japonais.

Par la lenteur ou la faiblesse des recherches, ces moai gardent encore une partie de leur mystère. Et, dans un sens, cela n’est peut-être pas plus mal. Ils ont l’air de continuer à surveiller l’île, à protéger les lieux, les habitants et les touristes, et ils imposent le respect.

Il est facile de se laisser envoûter par les lieux, et c’est probablement tout le charme de Rapa Nui.

* je rappelle que les pukao ne sont pas des chapeaux, mais symbolisent la coiffure en chignon des chefs ou dieux.

Sources : Lili notre guide, les guides Lonely Planet et Petit Futé. Les photos sont …… les miennes !