Quand mes grands-parents, arrivés à Marseille en 1961, ont été logés à Ste Marthe, commune de la périphérie marseillaise, je suppose qu’ils étaient satisfaits d’obtenir un logement à un prix correct. Un F3, dans un HLM. Quelques immeubles, une tour, encerclés par des villas et des platanes. Et une grande solidarité. Les voisins se dépannaient ou même se “fréquentaient”.
J’y suis allée souvent. Gamine, avec mes cousins, nous nous promenions. Il y avait des champs, ou terrains vagues sûrement, mais mon grand-père nous avait appris à y repérer les herbes et graines que ses oiseaux, en cage sur les balcons, apprécieraient.

Et puis, il y a eu de plus en plus d’immeubles, de plus en plus de tours, de moins en moins d’herbe pour les oiseaux.

Pourtant, les appartements ont été refaits, les entrées d’immeubles sécurisées, les pelouses replantées, quelques arbres sauvegardés. Mais, plus d’âme de village, chaque voisin suspectant l'”autre” d’avoir craché, d’avoir fait du bruit, d’avoir cassé les sonnettes ou autres boites aux lettres.

Quand ils sont décédés, en 96, on ne parlait plus de Ste Marthe, mais des quartiers Nord. Cela changeait tout.
A quel moment a eu lieu la cassure ? faute à l’architecture ? faute à l’entassement ? faute au chômage et au désœuvrement ? à la combinazione ? qui le dira ?
Et, surtout, qui trouve le remède ? cela devient urgent.

Edit 2015 : ça ne s’est pas arrangé à Marseille. Que fait la police ? les gangs s’entretuent. Et pourtant, que j’aime cette ville ! l’urgence sait se faire attendre…